"Le Sud"  2006

Du 20 au 24 mai


Introduction

Il est 23 heures et tout est fin prêt : le top-case dégueule de linges, le sac de réservoir regorge de brols divers, notamment la tenue de plongée avè les bonbonnes, les palmes et les rames, les brassards fluorescents (je ne sais pas nager rappelez-vous) et le petit canard en plastique pour le bain du petit ;-). Le rendez-vous est fixé à Couvin, demain à 9h00 : seront présents, par ordre alphanumérique et décroissant en commençant par la gauche (?) Bernadette, Henri sur TRIUMPH Tiger 955i (cylindrée corrigée suite au commentaire de son propriétaire), Jacques sur KAWASAKI KLE, Philippe sur HONDA Pan European 1300 ST ABS, François sur sa CAGIVA Gran Caynon 900 ie et, last of the list, votre serviteur sur SUZUKI V-Strom DL650, 5 motards, 5 marques : un club éclectique s'il en est, n'est-il pas ??

 

Le retour, quant à lui, est prévu le mercredi en soirée et il ne concerne que François et moi, les autres continuant leur périple jusque dans les Pyrénées ...

 


Qui vivra ... Viriat !


Voilà un bon titre pour commencer le compte-rendu du voyage de 5 jours dont je suis revenu hier à 18h11', non ??

 

Henri, qui a confectionné le road-book "aller", avait surnommé ce premier jour "L'étape du poulet" parce qu'il nous voyait arriver à Viriat, au N-O de Bourg-En-Bresse, célèbre pour la qualité de ses gallinacés à crête aux vertus aphrodisiaques ...
C'est là que nous attendait Madame Anne Marie FAMY, qui entre parenthèses a de l'esprit,
l'esprit de FAMY bien évidemment, maîtresse de la maison le "Moulin de Champagne", dans laquelle nous nous sommes partagé 2 chambres, François, Jacques et Philippe dans l'une, Henri, Bernadette et moi dans une seconde : j'ai donc eu le privilège de partager une nuit avec mon couple préféré, ce qui fit jaser tout au long du repas surtout lorsque je me portai volontaire pour manger une des crêtes que notre hôtesse du jour avait jointe à l'assiette ...

 

Une petite parenthèse : voyager en couple a du bon, croyez-moi car même si, sur la route, on a tendance, parfois, à considérer la passagère, pardon mesdames, comme "un sac de sable", à l'étape, on est tout heureux de l'avoir à ses côtés, avec des "mamour" par çi et des bisous par là ... Je referme cette parenthèse sous forme de soupir ...

 

Et si je commençais par le début, hein ? ça ne serait pas plus mal, tiens !

 

Rendez-vous à 9 heures à Couvin : malgré une tenue en "gore-tex" en principe étanche, j'avais enfilé par-dessus, le pantalon et la veste en "plastique" car le temps était à la pluie.

Je suis arrivé pile à l'heure alors que François et Henri/Bernadette étaient déjà là, le premier depuis 1/2 heure, les seconds depuis 1/4 d'heure. Ils attendaient sous la pluie car les bistrots de la place n'étaient pas encore ouverts.  Plus tard sont arrivés Jacques et Philippe : Jacques portait la combi pluie que lui avait offert Henri. Il était méconnaissable, nous étions jusque là habitués à le voir porter, par temps de pluie, son ciré jaune de pêcheur. Rassurez-vous, il lui reste quelques touches folkloriques, comme par exemple, des gants rouges de skieur et bien entendu une KLE dans les tons ...

 

Nous sommes entrés dans un café, et pendant que nous dégoulinions déjà de partout, Philippe a offert le café.

 

Le trajet a été relativement pénible : la pluie d'abord, le vent ensuite, par moment les deux, vraiment pas de quoi être rassurés, certaines rafales ayant vu notre ami Philippe finir à gauche de la route, un manque de vigilance s'ajoutant sans doute à une importante sensibilité au vent latéral de la part de la Pan.
La Déelle est également sensible au vent latéral au point que par moment, je roulais avec une fesse à côté de la selle en poussant systématiquement le guidon, penchant ainsi la moto contre le vent !!!

 

 

Nous avons mangé à Lygny-en-Barrois après 216 km de routes piégeuses : alors que mes collègues ont mangé "italien" (pizza, pâtes bolognaises ou carbonara) j'ai pris 6 nuggets / frites et un coca : j'ai décidé de boire "non alcoolisé" le midi pour éviter de dangereuses somnolences dont je semble devenir la victime après un repas ... encore un coup de "dame vieillesse" sans doute.

 

 

Nous avons continué sous un ciel un peu plus clément, et alors qu'Henri avait mené la troupe presque tout le trajet, François est parti devant, "bille en tête" (il n'aimera pas l'expression car elle est un peu vicieuse, vous allez comprendre pourquoi après ...), augmentant quelque peu le rythme tenu jusque là.
Alors qu'il avait d'abord eu des problèmes avec son voyant de pression d'huile qui restait allumé quelque temps après un redémarrage, c'était au tour de vibrations de plus en plus inquiétantes de gagner la Cagiva.
Un premier arrêt ne révéla rien, le pneu avant ne semblant pas en cause, l'arrêt suivant, qui fût le "définitif" permit de déceler un problème au niveau des roulements de la roue avant : un joint baladeur et de la limaille de fer achevèrent de confirmer le diagnostic. La Cagiva était victime du même mal qui avait rongé les roulements arrières : François prit la sage décision de laisser la moto sur place, un garage Peugeot de Marboz, je pris en charge (c'est le cas de le dire, à croire qu'il se balade avec tous ses lingots) son sac à dos et il s'installa derrière Philippe sur la PAN pour les quelque 10 km qui restaient à parcourir.

Apparemment cette expérience en duo sur la PAN n'a pas été vécue de la même façon par François et Philippe car, si François a trouvé la machine très confortable, Philippe, lui n'en menait pas large, les rétros ne réfléchissant plus que l'état de la route et la direction ne ... dirigeant plus. N'allez évidemment pas croire que la Pan n'est pas faite pour le duo, c'est simplement que Philippe n'a pas pris la peine et c'est tout à fait compréhensible, pour les 10 km qui restaient, de régler la suspension et les rétros ainsi que de revoir le gonflage des pneus !

 

Arrivés au gîte, nous nous sommes rapidement installés, mon lit se trouvait dans une mezzanine et pour y arriver il fallait emprunter (je l'ai rendu avant de partir bien sûr) un escalier raide comme le mur de Grammont, sans main courante et sans corde de rappel !!!

C'était bien le seul désagrément car pour TOUT le reste, rien à dire : accueil chaleureux et repas copieux étaient au menu !!

En entrée, un énorme saladier rempli d'une belle salade verte et de gros morceaux de fromages, ensuite les poulets accompagnés de pommes de terre rissolées et enfin, une tartelette aux fraises ... Nous avons éclusé près de trois bouteilles de "rouge de Bresse" et l'Alka Seltzer était encore de service pour apaiser mon gésier meurtri ;-))
Restait à roupiller pour récupérer des 580 km parcourus dans la tempête, non sans avoir une pensée pour François pour les problèmes duquel nous espérions un dénouement rapide et favorable ...

 

Une dernière chose, la note de 252 € ventilés comme suit :
- 2 x 60 € pour les chambres et
- 6 x 22 € pour les repas
soit 42 € par casque. Raisonnable, non ???

 


Viriat > Gap, deuxième étape !!


387 kilomètres avec, au menu, le lac d'Aiguebelette, les gorges du Guiers Mort, les gorges de la Bourne, les Petits et Grands Goulets, le col du Rousset et arrivée à l'hôtel restaurant Carina , route de Veynes à GAP.

 

Nous avons laissé notre ami François au moulin, le temps qu'il envisage toutes les solutions à son problème et prendre tous les contacts nécessaires à sa résolution, et avons pris la route sous une fine pluie : les prévisions étaient à une amélioration sensible des conditions météorologiques, ce qui n'était pas pour nous déplaire.

 

L'autre prévision, qui nous indiquait un radar à la "borne km 10" de la N75 à hauteur de Tossiat, c'est avérée aussi exacte que les prévisions météo...
Après Ambérieu, St Rambert, Yenne et Novalaise, nous avons marqué une halte "photos" au bord du lac d'Aiguebelette où nous avons vu quelques pêcheurs en barques et Jacques d'envier ce calme et cette sérénité et d'évoquer l'envie d'avoir une petite maison au bord d'un tel lac ...
Ensuite St Béron, Les Echelles, là on s'est un peu fourvoyés car au lieu de prendre la D520 nous avons continué sur la N6, la faute au road-book d'Henri moins précis que la version améliorée que François avait réalisée ... et quand j'en ai fait la remarque, il m'a gentiment été répondu "Taka rouler devant !"),St Laurent-du-Pont, St Pierre-de-Chartreuse et les gorges du Guiers Mort.
J'ai bien eu envie de faire un aller-retour dans ces gorges tant elles étaient belles et qu'à leur début, j'ai juste eu le temps d'entrevoir une succession de cascades, et cela sans compter une route viroleuse à souhait, un vrai régal, à faire et à refaire ... mais nous n'étions encore qu'au tiers de l'étape et il fallait aller de l'avant !!!

 

On s'est arrêté pour manger quelque chose quelque part (vous avez remarqué la précision quant à ce point "précis" ? De toute façon François n'était pas là, il ne pourra par conséquent pas me contredire, et les autres auront oublié d'ici à leur retour) et avons ensuite continué vers les gorges de la Bourne (allez voir la galerie de photos) et la route des Petits et Grands Goulets ... Cette dernière étant barrée (une haute barrière cadenassée gardée, suivant les dires de Jacques, par un pitbull blanc), nous avons fait demi-tour (nous y étions contraints faisant ainsi mentir une de nos devises) et avons pris les D54 et D76, toutes deux jaune et verte sur la Mi-Chemin pour rejoindre le col du Rousset qui culmine à 1.656 mètres et redescendre sur Chamaloc et Die par la D518.
En général, pour ce qui est des descentes, les amis ont pris l'habitude de me laisser passer devant, j'aurais acquis au sein du club la réputation d'être un "bon descendeur" ... Et après ça ? un p'tit r'montant ?? Pfff ...
Même si c'est vrai en partie, j'ai constaté, au hasard des descentes, que Jacques enroule aussi très bien ainsi que François, Philippe et Didier à l'occasion ... Henri un peu moins mais c'est normal, il a + de 420 kilos à freiner, entre le Tigre, sa biche et lui ...
Restait alors à parcourir les D93, 993 et 994 passant par Luc-en-Diois (sur le moment ce nom de patelin m'a fait penser à une chanson de Khaled, vous savez celle qui disait :
Didi didi didi di hazine di ouah
Didi ouah didi didi di hazine di didi hey yeh
que j'ai fredonnée dans mon casque jusqu'à Aspres-sur-Buëch (!!!), ensuite Veyne et Gap. Arrivés là, Henri a téléphoné à l'hôtel et un type est venu en Peugeot Partner nous chercher devant l'hôtel de la poste où il nous avait été demandé de l'attendre, pour nous mener jusqu'à l'hôtel Carina : un bon point déjà pour le service !!

 

On nous a désigné nos chambres, les 104, 105 et 106 et, en l'absence de François, j'ai partagé la mienne avec Jacques pendant que Philippe bénéficiait d'une "single" : nous avons convenu, sur mon idée, de répartir le prix des 2 chambres en 3 parts équitables pour ne léser personne.

 

Nous avons mangé à l'hôtel, un menu à 15,95 € comprenant 5 services : un bon potage, un filet de dorade en sauce, un pavé de viande bien accompagné, un plateau de plus de 10 variétés de fromages et un dessert, le tout d'une excellente facture.

Certes, le cadre était un peu vieillot, limite kitsch, la serveuse, très agréable, avait ... hum ... probablement déjà beaucoup servi, le type à la réception n'avait pas l'air très dégourdi ... mais il en faut bien plus à une bande de motards invertébrés pour faire la fine bouche.

 

Jacques a un peu bricolé autour de la KLE car il avait remarqué un blocage lorsqu'il reculait, un problème déjà rencontré antérieurement, lié au câble du compteur de vitesse et à son retour ... hum ... c'est ce que j'ai cru comprendre en tous cas !

 

Repas terminé, nous avons rapidement regagné nos chambres sans promenade digestive car il faisait plutôt frisquet.

Jacques s'est endormi quasi instantanément, j'ai zappé dans l'espoir de voir les résultats du Moto GP de France , mais en vain et ce n'est que quelques minutes plus tard que j'ai éteint les feux et me suis mis en mode "veille"...
Le lendemain nous avions une longue route à faire jusqu'à BIZE-MINERVOIS, 601 km d'après le route-livre du jour !!!

 

Post scriptum (on a peur d'écrire PS avec ce qui se passe à Charleroi pour le moment) : François avait décidé de faire rapatrier sa moto par Europ Assistance, de continuer le voyage en voiture et de nous rejoindre le lendemain à Bize ...)

 

3ème étape : Gap > Bize.

Gap > Bize, Ooh Gap Bize,
Tu devrais pas m'laisser la nuit ...
J'peux pas dormir, j'fais qu'des conneries
Oh Gap Bize, Gap Bize ...
Alors à quoi ça sert la frite si t'as pas les moules
Ça sert à quoi le cochonnet si t'as pas les bou-ou-ou-ou-oules.


Ok, ok ... ça nous éloigne du sujet quoique ... dans la région vers laquelle nous nous dirigeons, la pétanque est une institution.

 

22 mai, 8h30, nous prenons le petit déjeuner : vu que je m'installe le dernier, que nous étions 5 et que les tables étaient des tables de 4, je la partage avec une cliente de l'hôtel après lui en avoir demandé l'autorisation. Les copains lui ont directement recommandé de se méfier mais elle n'en eut cure : qu'elle en soit ici publiquement remerciée :-))
Nous sommes partis vers 9H15' à la recherche d'un magasin "Géant" où Henri espérait trouver un casque à bon marché (la visière de son ancien "Lazer" ne tenait plus très bien) mais ce fut une perte de temps car il n'y en avait point.
Nous avons quitté la ville par les D942 et D942A via Valserres pour rejoindre et admirer les rives du lac de Serre-Ponçon : nous nous arrêtions chacun à des endroits différents pour lui tirer le portrait. Philippe semblait en connaître tous les recoins pour y avoir séjourné une quinzaine de jours en 1998 et en famille, et il avait apparemment pour mission d'en ramener un long reportage photographique : c'est bien simple, si nous l'avions écouté ... nous y serions encore à l'heure où je vous écris ;-)
Il a notamment dit à qui voulait l'entendre, c'est à dire à chacun de nous séparément évidemment, qu'il y avait une vue superbe à partir de l'abbaye de Boscodon ...
Un peu plus tard nous avons rejoint Henri et Bernadette qui nous attendaient à l'ombre et, à l'arrêt suivant, pour faire le plein de la Kawa (plus petit réservoir et conso importante implique arrêts fréquents ce qui n'était pas pour déplaire à l'ami Jacques qui avait oublié de prendre sa "mousse confort" qu'il glisse habituellement entre l'inconfortable selle de la KLE et son osseux postérieur) et, alors que Philippe recommençait son couplet sur "Serre-Ponçon" Henri rappela que la route était longue et qu'il ne fallait pas trop perdre de temps, ce en quoi il avait parfaitement raison et qui se vérifia d'ailleurs
plus tard ...

 

Après le lac de Serre-Ponçon, Barcelonnette, à droite,la D902 nous menait, par les Gorges du Bachelart au Col de la Cayolle culminant à 2.326 mètres : ascension sur une route étroite et bosselée, cerclée d'un paysage de plus en plus "lunaire" au fur et à mesure que nous grimpions (pas "dans les tours" hein !), paysage parsemé de grandes plaques de neige, c'était assez impressionnant. La température au sommet ? 8°C : on regrette d'avoir enlevé la doublure de la veste au matin, croyez-le bien !!

 

 

Comme d'hab, j'entame la descente en éclaireur ;-), sympa la descente !! et nous arrivons, via Guillaumes, à Daluis et ses gorges qui ont la particularité de présenter une couleur rouge.

Nous passons sous 17 tunnels et arrivés au bout, nous attendons Jacques ... qui, il nous le dira après, n'a pas "roulé idiot" et a pris la peine de faire des photos (à quand l'album Jacques ???)

 

 

Sauf erreur, nous nous sommes arrêtés à St Julien-du-Verdon (en rouge dans le texte pour souligner la correction apportée - j'avais écris "du-Vercors" - merci Didier) pour nous restaurer. Alors que le resto d'en face était garni de clients, nous nous sommes "logiquement" rendus en face du resto d'en face, c'est-à-dire de l'autre côté de la rue.
Nous avons commandé une pizza (3 fromages pour Philippe - chez nous elles sont généralement à 4 fromages mais bon ... j'ai failli commander une 3 saisons ;-) mais il n'y en avait pas ... quand on vous le dit qu'il n'y a plus de saisons !! ... je me suis donc rabattu sur une "Cayolle" dont les boulettes de hachis m'ont semblé bien faisandées ce que contredit Jacques ... mais n'épiloguons pas !) : elles étaient très fines (question épaisseur je veux dire) mais d'une circonférence gargantuesque, c'est ainsi que Bernadette, la moitié d'Henri, en laissa la moitié ... ce qui nous fait un quart si je compte bien !!

 

 

Le road-book prévoyait ensuite de rejoindre Castellane par les D955 et D952 et, par les D 90 et D71, de faire un crochet par "les Balcons de la Mescia" et la "Corniche Sublime" pour regagner la D952 par la 957 afin d'atteindre Moustiers-Ste-Marie ...

Comme j'avais besoin de relever mon taux d'adrénaline afin de ne pas somnoler "post-repastum" si je puis dire, je suis parti devant et, bien évidemment, peu attentif au road-book, et n'ayant retenu que la destination suivante, à savoir Moustiers-Ste-Marie, j'ai foncé comme un "perdu", c'est le cas de le dire, sur la D952 tout du long, m'autorisant simplement un écart par la D23, à hauteur de La Palud-sur-Verdon qui annonçait une gnègnème vue panoramique...
Ce n'est qu'arrivé à "Moustiers-Ste-Marie-de-la-Madonne-Immaculée-Consternation" que je me suis rendu compte de mon erreur ...

Que faire ? Demi-tour ? Jamais !! Je décidai de poursuivre jusqu'à Riez, 15 km plus loin, j'ébauchais déjà l'idée de prendre une photo de la DL devant le panneau de Riez barré, indiquant la sortie du patelin avec une légende pour la photo "Ne riez pas, je me suis encore perdu" ... L'idée me paru suffisamment drôle pour continuer sur la D952 !! Riez atteint, je m'arrêtai sur la place, mis la moto en évidence au bord de la route, et téléphonai + envoyai un sms à Henri signalant que je les y attendais à la terrasse d'un café.

Je m'installai au "Glacier", Allée Louis Gardiol 4, commandai un Perrier menthe, qui me fut servi dans un verre glissé dans un boc en bois accompagné d'une statuette de perroquet, une belle présentation indeed et je commençai à le siroter ...

Une vingtaine de minutes plus tard je reçus un appel d'Henri : "On attend Jacques .. Ah .. le voilà .. On est à Moustiers ... Attends nous !"

Ils sont arrivés une autre vingtaine de minutes plus tard, j'ai été bon pour offrir la tournée .
A la table voisine un jeune couple de motard, lui en Tiger fluo, elle sur CBR 600, "avè ein assent méridionaleuh con que je te raconte pas té" » avec lesquels nous discutons un peu en expliquant que nous devons être à Bize au plus tôt.

Ils nous signalent qu'il est possible de prendre l'autoroute A51 entre Gréoux-les-Bains et Manosque et c'est cette option qu'il est décidé de choisir sous peine d'arriver à Bize aux petites heures ...

 

C'en était fini du road-book, adieu Manosque !, Apt !, Coustellet !, Cavaillon !, St Remy-de-Provence !, Les Baux de Provence !, Nimes !, bonjour le long et ennuyeux ruban de l'A51 !!

 

Ajoutez à cela une erreur de trajectoire car une fois arrivés à Aix-En-Povence, au lieu de suivre la direction Salon-De-Provence qui était, il est vrai indiqué en vert, ce qui fit penser à Henri qu'il s'agissait de quitter l'autoroute pour des nationales et/ou départementales, la couleur des autoroutes en France étant le BLEU, nous avons suivi "Marseille" presque jusqu'à entrer dans le port, peuchère !!!
Pour rectifier le tir, nous avons emprunté l'interminable N568 bordée de ... rien du tout ... si ce n'est d'herbes basses et jaunes, jusqu'à l'entrée d'Arles où nous sommes remontés sur l'autoroute jusqu'à la sortie 36. Nous avons chacun roulé à notre rythme, à un moment j'ai rattrapé Jacques, qui resté loin derrière dès l'entrée sur l'autoroute, ne s'était, lui, pas trompé de route et finalement, nous nous sommes tous retrouvés à la dernière station service avant la sortie 36 ...

 

Petite parenthèse pour signaler qu'aux divers péages sur l'autoroute je glissais les tickets dans le sac de réservoir et que j'ai toujours utilisé ma carte VISA : ça évite de farfouiller dans son portefeuille à la recherche, non pas du diamant vert, mais du dernier cent qui ferait le compte juste ...

C'était la page du petit carnet du tout aussi petit bourlingueur héhé !!

 

Avec tout ça, on est arrivés à Bize, au "Domaine du Menhir", chez Madame Dupuis, à 21H20 !!!!!!!!
Henri avait eu la civilité de prévenir de ce retard : à l'étape, frais et dispo, François nous attendait.
En ce qui nous concernait, nous sommes passés à table après avoir bu un petit apéro, en ayant juste pris le temps d'enfiler un pantalon de ville non sans avoir ajouté une couche de déo à nos corps puants ;-)))) Oui, je sais, c'est dégueulasse ... mais on s'y fait, à la longue ...

 

Le repas, léger, était à base de canard, tranches fumées en entrée, magret comme plat consistant : merci à Madame Dupuis pour sa patience et sa gentillesse ... Il ne restait plus qu'à essayer de récupérer, au plus vite, de cette très très longue journée à califourchon sur nos chevaux de fer.

 

Le lendemain nous devions nous séparer, Henri et Bernadette, Philippe et Jacques approfondissant le sujet, François en Renault Clio et moi, avec ma fidèle Déelle, remontant vers le Nord ...
Inutile de conclure pour aujourd'hui en disant que j'appréhendais quelque peu cette remontée insolite : une première dans les annales du club !!!

 


Le retour insolite !


Titre pour paraphraser un autre titre à peine plus connu : "La chevauchée fantastique" ...

 

Donc, résumons :
- alors que nos acolytes continuaient le séjour avec au programme 2 boucles dans les Pyrénées et une autre dans l'arrière pays Narbonnais ...
- François et moi étions convenus de remonter en 2 jours...
Une petite chose encore pour finir de planter définitivement le décor, Henri et Bernadette avaient dormi à Armissan, chez leur fils Nicolas, que j'ai enfin eu le plaisir de rencontrer !!
Nicolas et Henri sont arrivés le matin du mardi 23 mai vers 9H15, pour prendre le départ de la première boucle dans les Pyrénées, accompagnés de Philippe et Jacques, qui avait profité d'un lever matinal pour retendre la chaîne de son KLE ...

Pour info, Nicolas roule sur une vieille TDM de 1991, quatre-vingt-onze pour être précis ;-))) dans un superbe état : elle brillait de mille et un feux !!

 

On s'est salués brièvement, sans se faire la Bize, sans verser une larme, on est des hommes, merde ! ;-)
J'ai accepté ;-) de laisser François et sa Clio filer devant pour nous sortir de Bize et pour me laisser le temps de "prendre mes marques" par rapport à cette situation.

Nous avons eu toutes les peines du monde à sortir du patelin : entre voies sans issues non annoncées, semi-piétonnier et autres culs-de-sac, on se serait cru dans le village "Du prisonnier", vous vous souvenez de cette série culte je suppose : "Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre" et "Bonjour chez vous !"
Bref ... j'ai même failli mettre la DL par terre alors que je me faisais agresser verbalement par une charmante dame, Didier aurait écrit "une petite vieille" ;-), qui se demandait ce que je foutais là, et distrait pendant que je braquais à fond, j'ai senti partir la DL vers la droite : j'ai dû consentir un gros effort avec le bras droit pour redresser tout à la fois la barre et une situation délicate.

J'ai finalement retrouvé François un peu plus loin et il nous a remis sur la bonne voie direction Saint Pons.

 

Le programme du jour nous voyait arriver à Auphelle, à l'Hôtel Golf du Limousin et nous voyait traverser, par les D 907, 55, 53, 89, 63, 631, 964, 968, 922, re-964, 115, 625 et re-922 (vous suivez sur la carte au moins ! sinon à quoi ça sert que je m'esquinte à taper cette longue énumération) et dans l'ordre, Brassac, Vabre, La Glevade, Réalmont, Graulhet, Gaillac, Castelnau-de-Montmiral,les gorges de l'Aveyron, Laguépie, Villefranche et Figeac.
Là, François était sensé changer de voiture : celle qui lui avait été louée comportait de sérieux "plats" sur les deux roues arrières : à se demander comment on peut mettre des pneus dans un état pareil à l'ère de l'ABS, de l'ESP et de l'aide au freinage d'urgence.  Je dis "était sensé" car en définitive, sans nouvelle aucune, il a été contraint de terminer l'étape avec un arrière train sauteur ...
Avant cela, nous nous sommes arrêtés au bar restaurant "La Vallée", un "routier" à Cornusson (Tél. 05.63.67.06.80) et occupions la table 10. La note ?
1 coca : 2.50 €
2 bières sans alcool : 5.00 €
2 menus du jour : 24 € et
2 espresso : 2.20 €
soit un total de 33.70 €.
Alors que j'avais envisagé un repas léger pour rester ... euh ... tout aussi léger, c'est 4 services qui nous furent offerts !

Je me souviens d'un feuilleté mozzarella, d'une escalope de dinde/champignons/frites, d'une assiette de 3 fromages et d'une glace 2 boules + chantilly : tout ça pour 12 € !!

 

Pas de sieste après ça : la route nous attendait au tournant, il ne fallait pas la faire s'impatienter.

J'en étais resté à Figeac ? C'est ça : Le Bourg, Lacapelle-Marival, St Céré où il a été facile de ... s'insérer dans le trafic (pffffffff), Beaulieu, Argentat, Egletons, Treignac, La Villeneuve (pas celle qui courre en F1 - re-pffffffff), La Villedieu et arrivée au Lac de Vassivière, au bord duquel se trouvait Auphelle et son hôtel.
Là encore, le choix de la demi-pension nous imposa un menu copieux : en vrac et dans le désordre, c'est plus drôle, un café au goût prononcé de noisette, un carré d'agneau avec une sauce succulente, un "clair-obscur" (un gâteau 2 goûts) et un potage. Le service était, comment dire, discret, car comment qualifier autrement des serveurs qui semblaient chuchoter au point, qu'à la table voisine, il leur a été demandé de PARLER PLUS FORT S'IL VOUS PLAIT ...

 

La promenade digestive fut agrémentée d'un arrêt au stand pour changer un des pneus de la Clio, celui qui semblait avoir le plus souffert : le mode d'emploi n'a pas été inutile et nous n'avons pas été trop de deux pour
1°. le comprendre et l'assimiler (on n'avait évidemment moins d'appétit, forcément)
2°. le mettre en application.
La récompense était au bout car à partir de là, la voiture s'est mieux comportée ...

 

Mes impressions sur cette remontée :
1. tout d'abord je tiens à remercier vivement François d'avoir prolongé son voyage et de m'avoir, ainsi, accompagné pour la longue route du retour.

A un moment j'avais évidemment envisagé de la faire tout seul, cette longue route, et la perspective m'effrayait un peu même si quelque part, j'avais bien envie de me prouver que j'étais bien capable de me débrouiller comme un grand, n'est-ce pas Philippe ?
2. contrairement à ce que je craignais, François a imposé à la Clio un rythme très soutenu et je n'ai réellement pas eu à souffrir d'une quelconque lenteur.

Bien sûr j'ai un peu "levé le pied" ou mieux, "lâché la poignée" de temps en temps, notamment dans le trafic, jamais dense toutefois, mais, pour ne rien vous cacher, surtout n'allez le répéter à personne, j'ai parfois dû m'accrocher, surtout sur les petites routes cabossées, noyées dans la pénombre des sous-bois, parfois semées de gravillons ... toutes choses dont on n'a pas à se soucier quand on est assis dans un fauteuil sur roues ...
Donc, en conclusion, expérience concluante : je propose d'ailleurs que dorénavant, chacun d'entre nous, à tour de rôle, accompagne les voyages avec sa bagnole, (idéalement avec une remorque spéciale pour motos au cas où certains persisteraient à vouloir rouler "italien ou ... exotique") car outre cet avantage du dépannage au moindre pépin, c'est tellement facile à chaque arrêt d'ouvrir le coffre de la caisse et d'y jeter pêle-mêle son sac de réservoir, son casque, ses gants, sa veste s'il fait trop chaud ... sans devoir trimballer le tout !!!

 

Evidemment j'ai une pensée presque émue pour la frustration que cela a dû être pour François : de temps en temps, quand je me "lâchais" dans les belles courbes que nous réservent souvent les sculpturales départementales françaises, j'imaginais combien cela lui aurait plu d'en profiter également.

Je lui ai bien proposé de faire l'échange pour quelques heures mais il n'a pas accepté : je crois que j'en aurais fait autant ...

 

Trêve de supputations et passons au dernier jour si vous le voulez bien !!

 


La remontée insolite II


Il s'agissait pour moi de rentrer au bercail et pour François de déposer la Clio à Lille pour finir en train, gare de Bruxelles Midi d'abord et d'Ottignies ensuite.

Le départ fut donné aux aurores car dès 8h11' j'étais sur la DL, prenant les dernières photos du voyage. Nous avons pris la route alors qu'il faisait à peine 4° mais je n'ai pas souffert du froid car j'avais, depuis la veille d'ailleurs, rezippé la doublure de la veste.
L'itinéraire prévoyait 607 km jusqu'à Couvin.

Nous ne l'avons pas toujours respecté (comme la veille aussi d'ailleurs) soit parce qu'il n'était pas toujours évident de le suivre au pied de la lettre et du chiffre, soit pour couper au court afin de gagner de précieuses minutes ...
Cela dit il ménageait toujours et pour l'essentiel de belles départementales qui m'ont encore permis de bien m'amuser par moment.

On s'est arrêtés quelques fois pour scruter la carte et, comme le dit François dans son compte rendu, j'ai le plus souvent roulé devant, mais dès qu'il y avait un doute quant à la direction à prendre, je faisais quelques tours supplémentaires de ronds-points ou je reprenais la route dans l'autre sens pour croiser la Clio et comme le dirait Jacques Pradel, on ne sait jamais longtemps "perdus de vue" ...
Quelques noms de patelins pour vous resituer?

Bourganeuf, Guéret, La Châtre (là, pendant quelques kilomètres j'ai fredonné une chanson italienne de Toto Cutugno "

 

La Châtre mi cantare
Perchè ne sono fiero
Sono un Italiano
Un italiano vero

 

On s'amuse comme on peut, tout seul dans son casque, hein ?
Après La Châtre, Lignières, Leyet, Vorly, Crosses (c'est là qu'à été inventé le moto cross ?), Avord, Baugy, Sancerre, Cosne-Sur-Loire, Myennes, Toucy (tout çaâââââ) et Joigny. Je crois que c'est là qu'on s'est arrêtés pour avaler, vite fait, un truc infâme à la cafétaria d'un "Leclercq" pour moins de 8 € ...
Après Joigny, Cerisiers, Les Sièges, Villeneuve (encore lui ?), Vulaines, Planty, Marcilly, Romilly, où l'on s'est un peu fourvoyés et où on s'est accrochés à la direction "Sézanne" ouvre-toi, puis ce fut la N51 avec à la borne km 22 (70 km/h) un radar, jusqu'à Epernay et Reims.

On s'est séparés à la borne 27 de la N51 et François insista lourdement sur le fait que je devais monter sur l'A4 et sortir absolument à la première sortie.

Il vit dans mon regard comme une lueur d'intelligence, retourna à la voiture, sortit la carte, y pointa exactement l'endroit où nous nous trouvions et où nous allions et je relevai au passage qu'il me semblait devoir prendre la sortie N°26 ... "Salut, à la prochaine et merci pour tout : on se "sms" quand on arrive, ok ?" et le voilà parti.

 

Voici l'A4, je monte dessus, je vois une sortie 24, je me dis "Plus que deux", et puis arrive la sortie 23 ... Ah ? et alors ? ... la 22 ... tiens, tiens ? et François toujours devant ... c'est normal ça ? D'après le signe qu'il me fait, un index pointé en l'air accompagné d'un mouvement giratoire, dans le sens opposé à celui des aiguilles d'une montre, je comprends, pas si bête finalement n'est-ce pas , que je dois faire demi-tour.

Je sors de l'autoroute pour la reprendre dans l'autre sens et sors à la "24", Reims Cathédrale en me disant qu'au pire elle valait certainement une photo.

J'ai un peu ramé dans la circulation devenue dense, j'ai suivi le panneau "Toutes directions" en me disant qu'il mènerait certainement quelque part, et je suis tombé enfin sur l'indication Rethel.

J'ai quitté alors la N51 pour la D985 direction Signy-l'Abbaye, Rocroi, Couvin (encore quelques belles courbes à négocier) et terminé sur la N5 jusqu'à la maison.

Une journée commencée à 8H11 qui se terminait pile poil 12 heures plus tard à 18H11 après 701 km.
Quelques minutes plus tard j'avais déjà vidé le contenu du top-case dans la manne à linges et je confirmais mon arrivée à François, ainsi qu'à Bernadette et Henri si je ne m'abuse ...

 


Epilogue !


701 km pour le cinquième et dernier jour d'un voyage qui a en a finalement totalisé 2.927,5 soit une moyenne journalière proche de 600 km, ce qui n'est pas mal du tout en soi et qui ne m'a JAMAIS paru excessif : je ne me suis JAMAIS ennuyé au guidon, même pas sur l'autoroute, et j'en ai profité au maximum, sans doute conscient du fait qu'il s'agissait du dernier (même si finalement du premier aussi !!) grand voyage de l'année ...

 

Les remerciements habituels vont aux copains d'abord et avant tout, pour leur "kind support" comme on dit outre Chanel, pour leur compagnie, leur éternelle patience à mon égard, ensuite aux personnes qui nous ont accueillis "comme chez eux" dans les chambres et autour des tables d'hôtes et enfin, à toutes celles et ceux que nous avons croisés sur notre route et qui nous ont rendu ce voyage plus agréable ...

 

Il me reste à rêver aux suivants en espérant pouvoir "meubler" le vide d'ici là par de fréquentes balades dominicales et qui sait, une petite échappée, ne fusse que l'instant d'un court week-end ...

 

Il me reste aussi à ajouter le lien vers l'album confectionné pour l'occasion et à signaler qu'aujourd'hui j'ai eu confirmation du retour de Seaulieu vers 14 heures, d'Henri et Bernadette alors que Philippe, lui, après avoir connu le même genre de problèmes qu'au retour des Dolomites, est rentré la veille ...
Enfin, pour être exhaustif, j'ai aussi appris que la Cagiva devrait être rapatriée pour mardi soir ...

Après ça, tout le monde sera rentré !!!

 

Au fait, et pour être exhaustif il faut évidemment que j'ajoute le lien vers le compte rendu de François : le VOICI, à lire  ABSOLUMENT sinon je ne vous cause plus, na !!

 

Henri, Bernadette, Jacques et Philippe dont ce fut le dernier voyage avec nous ...

 

Voilà, c'est fini !!