L'Ecosse 2007

ou "LochNess Tour" Du 16 au 21 juin

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Préambule °°°°° (Note du 3 mai 2007)

De l'Ecosse et de son actualité

 

Et oui, elle est doublement sous les feux de la rampe : d'une part, parce que les écossais viennent d'y voter avec pour résultat une montée importante de leur volonté d'indépendance, à l'heure de l'Europe, de l'ouverture des marchés avec un grand M comme "MAKE MONEY", et de la mondialisation, les peuples en général, n'ont semble-t-il  jamais autant manifesté leur besoin d'identité propre, une légitime réaction sans doute, mais là est un autre débat, et d'autre part, beaucoup plus prosaïquement et modestement, parce qu'elle est l'objet du voyage à venir (du 16 au 21 juin) organisé par le Club Moto 80, et qu'il fallait payer le solde pour le 30 avril !!
Et finalement, en dernière minute, ma colombe s'est envolée, entendez par là que ma Josée s'est désistée : adieu colombe, bonjour pigeon voyageur !
L'envie de m'accompagner était forte et l'idée, malgré quelques appréhensions, avait, elle, fait son chemin et tout bien pesé, m'enchantait !!!
Mais voilà, un vilain torticolis et quelques "mauvais" souvenirs (trop de bruit dans le casque pour ses oreilles fragilisées et casque secoué par les agressions d'Eole) sont venus enrayer la machine et auront eu raison de cette belle envie ... C'est vrai que pour une première vraie sortie, se taper 6 jours à califourchon sur une selle, n'est pas la meilleure façon d'aborder la pratique de la moto, même en passagère !!
 


Cela se confirme ...


Et oui, le jour "J" moins quelques heures est arrivé, comme le "Jour de Gloire" dans une vieille mélopée française !
Mes bagages ne sont pourtant même pas encore bouclés, j'ai juste +/- préparé le "double deck" sac de réservoir avec les vêtements de pluie, les gants de rechange, la bombe "anti-crevaison" ainsi que celle contenant la graisse de chaîne à l'étage du dessus et les baskets à l'étage du dessous. J'ai glissé quelques cartes géographiques dans l'entresol, celle du nord du pays ainsi que la carte d'Ecosse fraîchement acquise.
J'ai fait le tour de la DL et nettoyé les 4 clignotants, les phares, le feu arrière et les rétroviseurs ainsi que donné un petit coup sur le pare-brise.
J'ai rangé le passeport dans le blouson qu'est pas bidon mecton, des fois que je l'oublierais demain, gamin !
Restera à caser toute ma garde-robe dans le "top" demain matin.
La première étape : chez François pour 11H00;
la deuxième : chez Didier vers 11H45 où nous sommes attendus pour manger un spaghetti, j'ai promis que j'apportais l'eau bouillante;
la troisième : Rumst pour le rassemblement avant le "vrai" départ vers Ijmuiden aux Pays-Bas(ques) (ouais on fait un petit crochet hé hé) où l'embarquement est prévu à partir de 16H30 pour un départ à 18H00 vers NEWCASTLE ...
Ah, j'allais oublier : j'ai acheté un "blog notes" pour ne rien oublier de nos aventures que je vous raconterai dès mon retour.
D'ici là portez vous bien ... Profitez-en pour relire et redécouvrir le blog depuis son début ;-))

 


"Left is right, right is wrong !!"

C'est ainsi qu'était libellé l'autocollant qui nous a été remis à l'embarquement le samedi 16 juin à Ijmuiden, autocollant que j'ai "motocollé" sur la DL à l'endroit que vous devinez sur la photo. Cette "maxime" a de quoi semer un peu plus encore la confusion ne trouvez-vous pas ?? Heureusement qu'elle est accompagnée par une flèche un peu plus explicite ...
Voilà une petite "intro" en guise d'apéritif pour un voyage dont ... je suis revenu, ce qui en soi est une bonne nouvelle, entier, ce qui n'est guère pour me déplaire, et heureux de l'avoir fait, ce qui ne gâche rien ...
J'ai mis à sécher le road-book qui avait été distribué sur le parking de Rumst, le sac de réservoir n'étant pas totalement "waterPLOUF" ... car il a plu, l'eussiez-vous cru, mais pas plus qu'attendu et pas forcément où nous l'attendions, crénom d'une (bag)pipe !
Une fois le road-book sec, je commence le compte-rendu aussi sec !!

 


"D" day !!


Voici d'entrée le lien vers les premières photos (jours 1 et 2) dépeignant la traversée de Ijmuiden à Newcastle par la voie maritime et de Newcastle à notre point de chute Inveraray et le "LOCH FYNE HOTEL", par la voie terrestre, voies qui sont toutes deux pénétrables contrairement à celles du Seigneur, fort heureusement d'ailleurs ...


1ère étape


Me voilà parti pour la première étape : j'arrive chez François à l'heure convenue soit 1OH30 11H00 sonnantes et trébuchantes, Henri et Bernadette sont déjà là, je ne prends même pas le temps d'enlever le casque car nous sommes attendus pour 11H45 chez Didier & Gabrielle pour un spaghetti.
Nous y arrivons à l'heure convenue, Jacques, convié également, nous rejoint quelques minutes plus tard et nous passons à table. Henri & Bernadette, grands-parents pour la troisième fois, ont eu la bonne idée d'amener une bouteille de Champagne que nous buvons en guise d'apéritif à la santé du petit Ethan ...
La "bolognaise" concoctée par Gabrielle est, ma foi, excellente et les pâtes sont cuites comme il se doit : j'en reprendrai deux fois !
Le dessert, une tarte aux fruits, savamment découpée en six portions totalement inégales ;-) et servies très maladroitement par votre serviteur, ponctuera ce sympathique repas ...

Il est un peu plus de midi et demi quand nous quittons Rhode en direction de Rumst où nous attendent les organisateurs de ce "Loch Ness Less Tour" comme le souligne François ...
Nous y sommes 1 heure plus tard et là, la surprise est grande de constater qu'il y a bien plus de participants que ce que nous aurions pu croire.
Plus tard d'ailleurs, en arrivant à l'hôtel nous avons dénombré non moins de 54 motos et, d'après François, 74 participants. Et tant qu'on est dans les chiffres, il faudra qu'il m'explique comment il arrive à 32 BMWs et 28 motos d'autres marques pour 54 motos au total ...
En fait je crois que la proportion était de 28 BMW's contre 26 "divers" : quand on n'aime pas on compte suivant le proverbe !
C'est à Rumst que nous furent remis le road-book et le fameux autocollant "Left is right, right is wrong" que j'ai directement apposé à gauche du magnifique bloc compteurs de la DL.
Une fine pluie commençait à tomber et j'ai enfilé les plastiques, de quoi ressembler de loin à une capote géante, enfin géante ... c'est un bien grand mot ;-)
Le trajet entre Rumst et Ijmuiden s'est passé sans histoire, nous avons tenu un très sage 120/130 au compteur et c'est vers la fin, alors que j'avais étonnement pris un peu d'avance et que je ne voyais pas arriver mes amis, que je me suis rangé sur le bas côté pour tourner la page du road-book.
C'est à ce moment que je les ai vu passer. J'ai donc redémarré pour recoller au peloton et c'est quand j'étais arrivé à sa hauteur que Didier plongea vers une station service afin de ravitailler. J'ai freiné des 3 disques mais il était trop tard, il fallait que je continue sur ma lancée si je ne voulais pas me mettre en danger.
J'ai donc pris la sortie suivante et suis revenu sur mes pas sans jamais retrouver le groupe. J'ai donc entrepris de rejoindre seul le port d'Ijmuiden ... Finalement nous sommes arrivés à ... bon port ... en même temps car au moment de venir allonger la file d'attente, Didier et les autres étaient juste derrière moi.

C'est vrai que l'attente avant l'embarquement a été assez pénible. On est arrivé à Ijmuiden à 15H30 et le feu vert pour enfourner les motos dans le ferry n'a été donné qu'à 16H45.
Ajoutez à cela une épouvantable averse qui n'avait rien à envier à nos pourtant réputées "draches" nationales et vous avez à peu près le même tableau que vécurent sans doute Noë et son arche ;-)) et alors que nous étions entassés à l'abri des éléments, nos motos étaient restées sous la pluie de sorte que, mon sac de réservoir n'étant pas très étanche, les cartes géographiques et le road-book que j'avais glissés sous la fenêtre du sac, en ont ... d'entrée souffert.
Et là je me suis rappelé que lors de notre périple au Pays de Galles, Moto & Loisirs, organisateur de l'évènement, nous avait distribué des r-b waterplouf : bien utile indeed !!!
Enfin, on embarque les motos sur le deck 4 à l'emplacement 43, numéro que seul François avait pris le soin de mémoriser ...
Rappelez-vous toujours de l'emplacement de parking si vous ne voulez pas, comme Henri et Didier, faire tout le tour du bateau, croulant sous les tonnes de bagages, sacs et autres cuirs et suer sang et eau pour retrouver votre chère moto.
Perso j'ai eu la chance de "prendre la bonne roue" comme on dit en jargon cycliste et de tomber pile poil sur ma DL, mais n'anticipons pas, chaque chose en son temps.
On arrime les machines en s'entraidant pour tendre les sangles et on monte au "deck 10" pour prendre possession de notre cabine, la 1054, qui comporte 4 couchettes, 2 penderies ainsi qu'une mini salle de bain avec douche et lavabo.
Nous y défilerons chacun à notre tour pour nous rendre ensuite au bar "Seven Seas" du deck 6 où François nous offrira l'apéro en attendant le dîner prévu à 21H00.
Didier quant à lui partageait sa cabine avec 3 gais lurons, tous "moins jeunes" que lui et amateurs de plongée qui revenaient des mers chaudes ...
A 21H00 nous étions tous derrière un buffet assez somptueux, fait de plats froids et chauds plus délicieux les uns que les autres, au point que les assiettes débordaient de partout ...
Une serveuse nommée Magdalena au port de tête aussi somptueux que le buffet, n'est-ce pas Didier et François ?, fini d'aiguiser notre appétit ;-)))))
La nuit fut très chaude (non, Magdalena ne partagea pas notre cabine, qu'alliez-vous penser !?!) et nous avons tous plutôt mal dormi par manque d'aération.
Au matin, je n'ai pas pu résister, je me suis "bien calé la panse" et me suis "farci" un petit déjeuner typically british fait de bacon, scrambled eggs, sausages, tomatoes, sautéed potatoes, baked beans and toasts, excusez du peu, négligeant toutefois le
haggis , typiquement scottisch celui-là : avouez que "se farcir la panse de panse de brebis farcie" dès le matin, ç'aurait été un coup à donner ... le mal de mer, non ?
L'heure était venue de rejoindre nos motos 6 decks plus bas et de nous préparer au débarquement : Ecosse nous voilà !!!!!!!!

 


Attention, on roule à gauche !!


Ecosse nous voilà, Ecosse nous voilà ... Voilà qui justement ou plutôt injustement est vite dit car, comme chacun sait, NEWCASTLE, ce n'est pas encore l'Ecosse, loin s'en faut d'ailleurs et sa frontière est annoncée, si on se réfère à la page 4, alinéa 6, Versys 7, Psaume 8 du road-book selon St Luc, en décrivant une diagonale qui passe par Jedburgh, à 87 kilomètres ...

Nous avons de commun accord, le sien y compris, élu François comme GUIDE du fait, comme il dit, de son "passé britannique", comme ce fût d'ailleurs déjà le cas lors de notre séjour au Pays de Galle.
Il est donc parti devant, assez gauchement je dois dire ;-) pendant que nous le suivions au sortir du ferry. Sauf erreur, je crois qu'il nous a encore fallu montrer nos pièces d'identité avant d'être définitivement lâchés tels des fauves ... en proie à abattre ... du kilomètre !!!!
Je vous éviterai le couplet de la difficulté à trouver sa place sur la route pour les continentaux que nous sommes, j'ai certainement déjà abordé le sujet dans le compte-rendu de l'autre voyage dans les îles britanniques. Je dirai juste que, finalement, ce n'est pas plus idiot que de rouler à droite ;-) et moyennant un effort de concentration et la force de l'habitude qui s'installe rapidement, on s'y fait sans problème ...
La première halte "logique" aurait dû se situer à la frontière entre l'Angleterre et l'Ecosse, le road-book mentionnant "Parking, jolie vue et peut-être un petit air de cornemuse par un écossais véritable !. Or, arrivé à hauteur du parking en question, François passe outre et quelques centaines de mètre plus loin, il fait un signe qui, d'après ce que je connais du langage des signes, semble signifier qu'il fallait prendre à gauche, ce que j'interprète un peu librement comme un demi-tour pour rejoindre le dit parking, vous suivez ??
Comme la descente était belle, sinueuse et excitante à souhait, c'est à regret que nous avons dû l'abandonner pour remonter vers la frontière et comme j'avais compris la manoeuvre, j'étais reparti en premier. J'ai d'abord rejoint le parking mais en attendant mes acolytes j'ai vu que le road-book prévoyait de partir sur la gauche 500 mètres après la frontière, direction HAWICK par l'A6088. Le signe de François ne signifiait dès lors probablement pas "faire demi-tour" mais "prendre à gauche", je me suis donc avancé jusque là et j'ai bien été inspiré sinon, à l'heure où je vous parle, je serais toujours en train de les attendre !!!
On lui en a tous un peu voulu de ne point s'être arrêté mais il nous a promis qu'au retour nous prendrions le temps de ... prendre notre temps ;-))

 


Intermède musical ...


De quoi vous mettre dans l'ambiance en attendant la suite peut-être ?!?
De quoi aussi "vider son sac à pipes" : un petit coup de
MULL OF KINTYRE à consommer sans modération après avoir rameuté les potes pour faire les choeurs (d'artichauts) !;-)!

 

Mull of Kintyre
Oh mist rolling in from the sea,
My desire is always to be here
Oh Mull of Kintyre.

 

Far have I travelled and much have I seen
Dark distant mountains with valleys of green.
Past painted deserts the sunset's on fire
As he carries me home to the Mull of Kintyre.

 

Mull of Kintyre
Oh mist rolling in from the sea,
My desire is always to be here
Oh Mull of Kintyre.

 

Sweep through the heather like deer in the glen
Carry me back to the days I knew then.
Nights when we sang like a heavenly choir
Of the life and the times of the Mull of Kintyre.

 

Mull of Kintyre
Oh mist rolling in from the sea,
My desire is always to be here
Oh Mull of Kintyre.

 

Smiles in the sunshine and tears in the rain
Still take me back where my memories remain
Flickering embers grow higher and higher
As they carry me back to the Mull of Kintyre

 

Mull of Kintyre
Oh mist rolling in from the sea,
My desire is always to be here
Oh Mull of Kintyre.

Tiens, tout en "meuhmeuhmant" ce refrain lancinant, hi-han, il m'est venu une idée : pour retracer ce périple pourquoi ne pas ... retracer le road-book sur la carte, comme le faisait François chaque soir avant le coucher, mmmhhh ?
Une espèce de ... devoir de vacances en (bête de) somme pour me punir de m'être contenté de suivre tout au long des 2.000 kilomètres, quelques miles et autant de yards et de feet, ça me fera les pieds justement !!

 

 


Far have I travelled ...


Maintenant que j'ai tracé la première étape qui nous voyait vomis du navire pour nous rendre à notre "fine" hôtel à Inveraray, je peux aller de l'avant !

Au sortir de NEWCASTLE (Neufchâtel ?) je n'ai pas compté le nombre de ronds-points que nous avons pris à contresens, nous les motochtones, pour imiter les ... autochtones, direction "North" via les A19 et 167, ensuite l'A696 prolongée par l'A68 jusqu'à la frontière que j'évoquais antérieurement .
Nous avons traversé des patelins comme PONTELAND, BELSAY, KIRKWHELPINGTON, OTTERBURN, ELISHAW, ROCHESTER, COTTONSHOPEBURN FOOT (on reprend son souffle) et BYRNESS.
On loupe ensuite le parking et l'écossais véritable, merci François ;-))) et on enfile à gauche l'A6088, traversant CHESTERS, BIWHESTER BRIDGE et HAWICK, puis l'A7 et ASHKIRK et SELKIRK, l'A708, NEWARK, YARROW, MOUNTBENGER, la B709 (ça rétrécit vachement !) et TRAQUAIR HOUSE et enfin la B7082 jusqu'à PEEBLES.
Arrêt déjeuner dans un pub où l'on s'installe à une table ronde près d'un grand âtre ... La déco faite de vieilles boiseries me fait un peu penser à l'ascenseur qu'on prend à Disneyland Resort Paris et qui "descend" dans la Maison Hantée ... On prend le plat réservé au week-end à 5.95 £ qu'on nous offre à ... 6.95 £ boisson comprise, allez comprendre, et qui nous donne un avant goût de ce que sera la cuisine rapide des lieux, simple mais bonne, "simply good" !!
Les toilettes, comme dans pratiquement tous les pubs que nous fréquenterons, sont nichées à l'étage et demandent un road-book pour être trouvées : un besoin urgent est à ... anticiper ;-))
Nous repartons rassasiés par l'A72 jusque BLYTH BRIDGE, puis l'A721 et ELSRICKLE, NEWBIGGING, KILCADZOW et CARLUKE. On évite GLASGOW par AIRDRIE, CUMBERNAULD, KILSYTH et CARRON BRIDGE.
Deuxième arrêt pour boire un coup. L'endroit est calme et serein. On s'installe à une table de jardin en bois et on sirote nos canettes en admirant le paysage qui n'est pas sans rappeler celui qui fait le décor des "Teletubbies" et, contrairement à ce que veut faire croire un adage couru, l'HERBE PEUT ETRE PLUS VERTE AILLEURS !!
C'est là que j'ai tiré le portrait aux perruches qu'il a fallu soudoyer pour qu'elles restent calmement perchées pour la photo !!!
On repart vers FINTRY, KILLEARN et ALEXANDRIA, j'ai plus d'appétit qu'un barracudia ...
On remonte ensuite par l'A82 et on suit les rives du LOCH LOMOND (le lac Léman ??) jusque TARBET puis l'A83 et INVERARAY au bord du LOCH FYNE et l'hôtel du même nom.

 

Nous rangeons les motos sur le parking, les délestons de la lourde bagagerie, les bloquons avec les anti-vols et nous nous rendons à la réception :
- chambre 311 pour Henri et Bernadette;
- chambre 211 (two one one) pour François et moi;
- chambre 207 pour Didier qui va apprendre à connaître "Louis", un petit bonhomme de 67 ans qui, bien qu'il ait beaucoup voyagé, n'a encore que 600 bornes sous les fesses (comme le dit François dans son c-r) pour toute expérience motocycliste : courageux d'entreprendre un tel voyage avec si peu d'expérience, indeed !!
Restait à passer à table : un menu 3 services avec à chaque fois un triple choix, de quoi trouver son bonheur, arrosé par un vin offert par Didier.
Il est à noter que la TRIUMPH d'Henri, trop contente de retrouver ses "roots" s'est ... signalée par l'allumage intempestif du témoin "Moteur", ce qui a eu le don de fortement contrarier son propriétaire qui se voyait déjà finir le voyage en ROLLS ROYCE de location ...
Il était convenu de faire un crochet par OBAN où se trouvait un concessionnaire de la marque mais ce ne fut pas nécessaire car, la nuit portant conseil, le calculateur électronique effaça de sa mémoire ce dysfonctionnement passager. Nous avons dès lors pu faire le road-book tel qu'il était prévu en pages 7 et 8 ... mais ceci est une autre histoire que je vous conterai un autre soir !
Bonsoir !

 


And much have I seen ...


Petit déjeuner à 8H00 : cette fois j'ai mangé "continental circus" et maintenant que j'y panse pense, je regrette de ne pas avoir essayé le "haggis" car faire l'Ecosse sans en manger, c'est comme ... euh ... aller à Venise sans prendre une gondole par exemple !
Le road-book du jour prévoyait une boucle autour d'Inveraray (264 km) agrémenté d'une option de 40 km.
Inutile de vous dire qu'en gros rouleurs que nous sommes, le plus gros n'étant pas celui qu'on croit (quoique ...), nous étions tous d'accord de prendre cette option d'autant qu'elle était gratuite !
C'est donc par les A83, 819, 85, la B8074 vers ARICHASTICH et
BRIDGE OF ORCHY que nous sommes arrivés aux portes de FORT WILLIAM.

C'est là que l'option s'offrait à nous de faire un aller/retour le long de la "GLEN ETIVE", sur une route très étroite, "SINGLE TRACK" dans la langue de SHAKESPEARE, bordée à intervalles réguliers et très fréquents de "PASSING PLACE" permettant de croiser des véhicules venant en face. Même une moto a beaucoup de mal à croiser avec une voiture et je dois dire que les automobilistes rencontrés ont toujours été d'une très grande courtoisie envers nous.
A l'aller nous avons roulé à allure touristique, profitant autant que faire se peu des paysages qui resplendissaient sous un beau soleil éclatant et exhausteur de couleurs ...
Arrivés presqu'au bout du chemin, François, Henri, Bernadette et moi, nous nous sommes arrêtés pour les dernières photos alors que Didier, embarrassé par la déclivité du terrain et le manque de place pour intercaler sa moto, est allé jusqu'au bout du bout.
Là, l'équipe du Club offrait l'apéritif, apparemment du RICARD (!?!) et des chips, mais comme nous sommes ascètes bien qu'à cinq pour l'occasion, nous avons fait l'impasse ...
Nous sommes repartis avant le gros du troupeau, et le gros n'est pas forcément celui qu'on pourrait croire ;-), Henri loin devant.
Bien que la route ne s'y prêtait pas trop, nous avons ... euh ... pressé le pas jusqu'à tomber derrière un gusse et sa dame, sur une BMW aux valises parallélépipédiques, qui usait et abusait de son avertisseur sonore pour ... avertir de façon sonore ... tout qui risquait d'arriver dans l'autre sens.
C'était ... insupportable et au lieu de klaxonner à mon tour pour qu'il se range, il faut savoir rester civique en toutes circonstances, j'ai attendu l'ouverture, m'y suis engouffré en enfoncant la tête derrière le saute-vent pour prendre l'aspi ;-)) et continuer la descente à un rythme qui devint dès lors plaisant, suivi par François et Didier.

 

Coup d'oeil au c-r de François ...
Oui, nous avons dîné (à midi hein ! restons belges !!) à KINLOCHLEVEN. Deux anecdotes à ce sujet si vous le permettez :
-nous nous sommes dépêchés de commander car, comme vous le savez, des motos garées devant un pub ça attire inévitablement d'autres motos, qui elles-mêmes en attirent d'autres. Résultat, si on ne se presse pas de commander "y aura plus rien à bouffer !!"
Nous avons pris un hamburger à l'
angus accompagné de salade, de tomates et d'oeufs si je ne m'abuse;
- c'est au cours du repas que j'ai reçu un appel de mon banquier (si ce n'est pas ça de la persécution, qu'est-ce donc ?) auquel j'ai répondu que j'étais en vacances ... hum ... oserais-je le dire ... je vais encore être la risée du monde entier ... et ... par delà ... bof, tant pis, je le dis ... EN IRLANDE !!!
Nous avons remis les "trips" à zéro (nan j'ai pas gerbé, m'enfin !) et avons continué notre route via CONNEL jusqu'à OBAN, joli port animé et possibilité de visiter la distrillerie locale ... Possibilités de déjeuner aussi ! dixit le road-book.
Le déjeuner c'était déjà fait, la distillerie ne nous intéressait pas, restait à se payer le dessert et le café que nous n'avions pas pris à KINLOCH. Un tour du port où nous avons eu la chance de voir accoster un voilier qui servait de bateau-école-militaire à des jeunes gens qui se destinent sans doute à la mer avec un grand M, le temps pour Bernadette d'acheter un petit souvenir sous la forme d'un canard en porcelaine (22 £ !!), et nous étions dans un pub aux couleurs très très kitsh où une serveuse pressée, aux zygomatiques figés, nous servit nos "mugs" de café en renversant la moitié dans les sous-tasses !!
Pendant que mes amis lapaient ;-) leurs gamelles ;-))) je suis parti au tabac du coin pour acheter des clopes. Devinez un peu le prix d'un paquet de "MAY-I-BORROW" ?
5.75 £ soit 8.50 € !!! De quoi ôter l'envie pour la vie non ??
D'après le r-b il restait 100 bornes à faire via KILMEFORD, FORD, CLADICH pour rejoindre l'hôtel.
Didier était venu avec "son petit livre vert" du parfait touriste avide de découvertes et c'est grâce à eux, le petit guide et le grand Didier, que nous avons pu découvrir le château de CARNASSERIE et le cimetière de KILMARTIN.
Deux anecdotes encore si vous permettez toujours ?
D'abord le "chemin de croix" vers le château. Le parking était en contrebas et on se tâtait pour savoir si on n'allait pas tenter une montée "TT" par le sentier en terre qui y menait. François, n'écoutant que son courage, entreprit l'escalade à pied. Je lui emboîtai le pas, à bonne distance, par solidarité et par jusqu'au-boutisme. Chemin faisant, je croisai deux jeunes et jolies donzelles qui me lancent "Hi" (à prononcer "Aïe") et je risquai dans un anglais approximatif "Is it still far away ?". Elles se regardent et l'une demande à l'autre "C'est encore loin ?". Je dis en prenant les mimiques de DE FUNES dans la Grande Vadrouille But alors ? You are French ?
J'apprendrai plus tard, par la bouche de Bernadette, qu'elles étaient effectivement françaises, de Haute Savoie, qu'elles étaient venues là en voiture, qu'elles étaient aussi motardes et faisaient partie d'une bande de 10 filles qui roulent ensemble et de nous inviter à venir leur faire un petit coucou si on passait dans le coin !!!!!!!!
Henri et Didier nous ont ensuite rejoint, Didier grimpant d'ailleurs jusqu'à la plus haute tour du château sans doute pour prendre un peu de hauteur ...
2 kilomètres plus loin gisait le cimetière de KILMARTIN.

 

Certaines pierres tombales m'ont fait immédiatement penser, sauf votre respect, à nos "speculoos" (voyez les photos) et nous étions d'accord avec Didier pour dire qu'elles étaient sans doute plus résistantes au temps que les galettes de Dinant :-)))))))
Ensuite, deuxième anecdote, le "POUM" dont parle François dans son compte-rendu ...
Hum, il faut dire que l'angus et la glace n'ont apparemment pas fait bon ménage dans mon "inside" et j'ai été victime de crampes abdominales et abominables ;-) Heureusement en face du cimetière il y avait des toilettes publiques que j'ai ... hum ... repeintes façon "fauvisme" : désolé, mais je vous devais l'explication du "POUM"!
Restaient 42 kilomètres à se traîner sur des petites routes, certes sympathiques, mais sur lesquelles il est impossible d'un peu se défouler, suivis de 16 kilomètres de descente vers Inveraray où François, ne se sentant plus, prit la poudre d'escampette ;-))))
Je me souviens également du souper (dîner) : pour ne pas faire comme tout le monde, j'ai choisi comme plat de résistance le "couscous méditerranéen". En fait j'ai eu 100 grammes de semoule agrémentés par un ou deux filets de poivrons rouges et verts. Renseignements pris le lendemain par mes compagnons de voyage il fallait voir un "V" sur la carte du menu, "V" qui voulait dire "Végétarien" : et bien, oui, tu végètes et t'as rien !!
Je me suis promis de me rattraper le lendemain mais ... cela est une autre histoire que je vous conterai plus tard.
BONSOIR !!

 

NB : l'album du jour peut-être ??

 


Dark distant mountains and valleys of green ...


Ce "titre", 3ème extrait du 1er couplet de la chanson dont je ne vous ferai pas l'injure de répéter le titre, s'impose plus que jamais puisque la boucle du jour, proposée par le road-book en pages 9, 10 et 11, longue de 285 km + option de 38 km, nous promène dans le "KINTYRE" ...

 

Ce matin là, à moins que ce ne fût la veille, il y eut une frénésie autour du "gonfleur à compresseur" : un premier motard fit vérifier la pression de ses pneus suivi par un tas d'autres qui se sont rappelés sans doute que voilà une opération trop souvent négligée et pourtant si importante ...
Hum, en ce qui me concerne si j'ai vérifié la pression 2 fois en 3 ans et quelque, c'est beaucoup !
Didier en profita pour faire l'appoint d'huile à l'aide d'un bout de papier roulé en cône (en forme d'entonnoir si vous préférez) car l'accès au remplissage n'est pas des plus aisé sur une TDM ...
Depuis le début, la météo semble s'être rangée de notre côté : s'il pleut la nuit, parfois abondamment, et pleuvine en début de matinée, le reste de la journée se passe au sec et les températures flirtent avec les 20 à 22 degrés, l'idéal pour faire de la moto !

 

Commençons par l'album du jour pour adopter un langage imagé ;-)

 

Direction sud-ouest, nous longeons le LOCH FYNE par l'A83 et AUCHINDRAIN, FURNACE, MINARD et LOCHGAIR pour atteindre LOCHGILHEAD.
Alors que Didier s'était étonné de ne pas voir de bâtisses réellement anciennes depuis le début de notre séjour, au hasard d'une "single track" où un BMWiste pressé klaxonna pour que nous fassions place nette, nous sommes justement tombés sur une très vieille bergerie et/ou ferme fortifiée, gardée par quelques ovins cornus mais peu farouches.
J'ai discuté avec eux, bêlant les quelques mots que j'avais appris en jouant à saute-mouton quand j'étais petit, et au retour sur la DL, j'ai remarqué une touffe de laine sur le sac de réservoir, sans doute une brebis l'avait-elle mise là pour que j'en garde souvenir ...

 

To be continued ...

 


Revenons à nos moutons ...


Bon, bon ...
Je me suis fixé pour objectif de terminer le compte-rendu de notre trip en Ecosse avant le 28 juillet, date à laquelle, sauf imprévu et/ou cas de force majeure, notre petit club prendra le départ pour les Alpes ...
Il faut savoir se fixer des "dead lines" dans la vie, la ... dernière ligne étant déjà écrite !
On quitte donc les doux ovins et on continue notre route jusqu'à CAMPBELTOWM via ACHAHOISH, KILBERRY, ARDPATRICK et TARBERT sur la B8024 puis on enfile à droite et adroitement la A83 vers CLACHAN, BALLOCHROY, KILLEAN, GLENBARR, BELLOCHANTUY et KILCHENZIE.
CAMPBELTOWN : Cité de villégiature, quelques palmiers ... et des possibilités de se restaurer !
Je vous "fiche" mon billet que vous vous demandez Est-ce bien ce que vous frites ?
Exactement vous répondrai-je !
Nous avons tâté du "FISH AND CHIPS" !!
Renseignements pris auprès d'un "régional de l'étape" comme on dit en jargon cycliste, nous sommes sortis de l'avenue principale pour dégoter la friterie-poissonnerie du cru, derrière le comptoir de laquelle s'affairaient deux gaillards d'un certain âge auxquels j'ai poliment demandé s'ils voyaient un inconvénient à ce que je les prenne en photo ...
Question assaisonnement, on a le choix entre "sel et/ou vinaigre" : il est dommage qu'on ne puisse pas opter pour le citron ou Loch Lemon !

Au sortir de l'estaminet, nous avons perdu Didier de vue et avons directement lancé un avis : "le petit Didier est attendu aux caisses par ses amis motards !".
Finalement nous nous nous sommes retrouvés sur un banc au bord de l'eau pour déguster, à même les doigts vu que fourchette il n'y avait pas, ce met délicat. Pendant que Bernadette, Didier et moi étions assis sur le banc, Henri et François mangeaient debout, accoudés au bastingage ...
Bernadette qui n'appréciait pas du tout son poisson, n'apprécia pas plus les frites d'Henri qu'elle balança par dessus le banc, sans le faire exprès s'excusera-t-elle, "my foot" que j'dis ;-), au grand dam de son amour de mari, à l'humeur changeante, qui frit fit les frais de l'opération et poussa une gueulante !!!
Finalement ce furent les mouettes et autres goélands qui s'en mirent plein le gésier et qui applaudirent des deux ailes ...
Personnellement, j'ai pu apprécier dans son intégralité ce repas, "simply good", sur le pouce et sur le port.
Venait ensuite la boucle optionnelle de 38 km (from CAMPBELTOWN to ... CAMPBELTOWN, of course ! en passant par STEWARTON, SOUTHEND où l'Irlande n'est plus qu'à quelques brasses, MACHARIOCH et FEOCHAIG)
Lors du repérage, la veille, nous avions remarqué que le "MULL OF KINTYRE" était tout proche, toutefois aucune route carrossable ne semblait y mener et lorsque, chemin faisant, nous vîmes le panneau qui l'indiquait sur la droite, nous n'avons dès lors pas emprunté cette route : sans doute aurions-nous dû mettre le cap sur MULL, cet ajout étant le prétexte pour traduire le mot ;-).
La B842 nous menait ensuite vers SADDELL et une abbaye du XIIème siècle dont il ne restait que quelques murs épars, quelques "speculoos" alignés sous un abri et quelques anciennes tombes gravées.
Au hasard de la visite mon regard a été attiré par une petite tombe garnie de jouets multicolores où était enterrée Jennifer, une fillette qui ne vécu que 9 mois ...
Dieu que la vie peut être courte et triste parfois !!
Je n'ai aucun souvenir du "café à CARRADALE" ...
Nous continuons sur la B842 jusqu'à GROGPORT et CLAONAIG, ensuite la B8001 jusqu'au château de SKIPNESS.
François, qui a plus que nous l'esprit "british" et par conséquent est plus respectueux des convenances et de l'étiquette, se gare à l'extérieur de l'enceinte tandis que nous plantons nos montures devant l'entrée du château pour les photos ! Shocking !!
Nous avons été surpris de constater que tout le domaine était accessible, sans bourse délier d'une part, et, d'autre part, sans interdiction aucune de déambuler partout où cela nous chantait ...

Mull of Kintyre, oh mist rolling in from the sea ...
Oooh, oooh, ça suffit !!
Il ne restait plus qu'à rejoindre l'hôtel par la B8001 et l'A83 déjà empruntée à l'aller. Arrivés à INVERARAY, nous avons fait le plein et acheté le pique-nique pour le lendemain.
Cette option avait été choisie pour gagner du temps et éviter un long arrêt restauration car la route était assez longue pour rejoindre NEWCASTLE et le repas du soir était prévu très tôt, à 17H30 heure continentale si je ne m'abuse ...
J'avais donc fait le plein, comme mes acolytes et au moment de partir, j'ai braqué le guidon à gauche et à fond et, oubliant que j'étais en seconde, voire en troisième, le moteur a calé et la DL est tombée sur le flanc droit sans que je puisse y faire quoi que ce soit ! Un BMWiste qui avait essayé de s'intercaler entre François et Henri a lancé : "Y a de quoi avoir peur de démarrer, hein !
Grrrrrrr ... "Very funny indeed !!"
François m'a aidé à relever la bête, on a fait le tour du propriétaire pour constater que le cligno était explosé et le repose-pied passager légèrement entamé.
Je suis retourné au shop pour acheter mon pique-nique (deux tartines triangulaires et fourrées + une cannette de soda caféïné + une pomme) et j'ai ensuite rejoint mes amis qui étaient allés tirer le portrait au château du bourg.
Le soir, à table, Henri m'a prêté du "tape" et offert un cutter et alors que le service tardait pour une fois, j'ai profité de l'attente pour aller dans la chambre et récupérer les morceaux de cligno que j'avais gardés dans la poche du blouson.
Je suis ensuite sorti pour réparer le bidule, rejoint par Henri qui s'inquiétait de ne plus me voir revenir ... Après quoi j'ai reçu un sms de François qui disait en substance "Dinner is served".
La soirée a été ponctuée par un briefing de LUC PAQUIER concernant les divers points importants de la journée qui nous attendait. Par ailleurs, une médaille en chocolat a été décernée à un gusse qui avait mis du mazout dans son réservoir, il en rougit encore le traître ...
Cela dit, ça peut arriver aux meilleurs, n'est-ce pas Henri ??
Au surplus, je crois que je l'aurais méritée tout autant après cette bévue de débutant ...

 

Nous avons regagné nos chambres et avant de m'endormir du sommeil du juste j'ai fait le tri des linges "moins sales, sales et plus sales encore" pour choisir la tenue du lendemain ;-) et j'ai fourré tout le reste dans le sac de réservoir et le top-case ...
Bonne nuit et à demain !!
Rrronnn Zzzzzz Rrronnn Zzzzzz

 


Wednesday, all my troubles seem so far away ...


Now I need a place to hide away ...

En fait, c'est vrai ! Ce matin là il pleuvait des chats et des chiens en plus de cordes et de hallebardes ... et l'envie de se "hider away" était forte : un parfum de retour et de fin de vacances planait en plus dans l'air humide !
La veille j'étais passé à la réception pour payer la note d'hôtel. Plusieurs personnes s'étant plaintes d'erreur de facturation, notamment Bernadette qui avait relevé le prix d'une bouteille de vin à 45,45 £ au lieu de 15,45 £ ... j'ai pu constater qu'en ce qui me concernait, tout était correct, ce qui fait que je me suis acquitté de la somme demandée sans marchander ;-)
Nous nous sommes levés plus tôt encore qu'à l'accoutumée pour prendre la route dès 8H00' après avoir enfilé les scaphandres, nous derrière et François toujours devant ...
Malgre le temps à ne pas mettre un motard dehors et une visibilité des plus réduite, le train était plutôt rapide. L'explication viendra plus tard : François avait remarqué qu'il devait se tenir à 120 km/h pour que l'eau s'évacue au mieux ... Moi, parti troisième du cortège pour ne pas être l'éternel second, je n'en menais pas large, d'une part à cause de tous ces animaux domestiques qui tombaient du ciel et d'autre part et surtout, parce que j'avais remarqué que j'avais oublié d'attacher mon casque ... (deuxième erreur de débutant et deuxième médaille en chocolat !)
Dans ces cas-là on voudrait bien s'arrêter mais comme entre temps Didier m'avait dépassé et que j'étais par conséquent le dernier de cordée, j'avais peur qu'on m'oublie sous ce déluge ... et en plus de ma vue troublée par la pluie, j'imaginais une "bête chute" et voyais déjà le beau casque SHOEI rouler devant moi en même temps que passait une image que j'ai eu le malheur d'apercevoir sur le sordide site "roten" d'un gars, tombé à mobylette et dont le cerveau était répandu sur l'asphalte ...

Ooh, j'ai bien essayé de le sangler lors d'arrêts aux feux rouges mais sous cette pluie, avec les gants trempés, s'était mission impossible.
Alors, quand François se décida enfin à faire une première halte, après une centaine de kilomètres, je fus grandement soulagé.
Dès cet instant j'ai retrouvé du poil de la bête, merci la brebis :-), et j'ai roulé beaucoup plus sereinement au point de dépasser Didier et, chose que je n'aurais apparemment pas dû faire, Henri et Bernadette, que je trouvais tout d'un coup beaucoup trop ... prudents ;-))
Plus tard, une petite mise au point à la station service me fit comprendre que ma place était en "fond de grille" parce qu'en dépassant ainsi je poussais le premier au crime ... Rien n'est moins vrai en fait et Didier comme François sont là pour me donner raison, il n'y a qu'à lire leurs commentaires à ce sujet !
En plus je trouve que ça met un peu d'animation !!

Bon bon, on ne va pas épiloguer là-dessus mais ... je trouve que l'ami Henri a déjà été de bien meilleure humeur lors d'autres voyages !
Quelques dizaines de kilomètres avant la frontière écossaise, alors que j'effectuais un de ces dépassements d'anthologie sur une route en toboggan qui permettait de voir à perte de vue (drôle d'expression, non ?) j'ouvris en tout grand pour rattraper les copains, coincé que j'avais été trop longtemps derrière un bahut qui encombrait les joyeux lacets dessinés par la belle A68. Je devais être au moins à du nonante, voire quatre-vingt-dix, rien de grave si ce n'étaient des miles, et clic-clac, je vis parfaitement un radar me faire de l'oeil !
Porridge !! Ce n'est pas possible !!! Je vais me faire gauler, je suis bon pour la prison à ce rythme là, vivement la frontière, peut-être pourrais-je demander un droit d'asile de l'autre côté ? Qui sait ??
Justement, nous sommes arrivés à la frontière quelques minutes plus tard, après 157 km de road-book sans histoire, enfin, façon de voir ...
J'ai appris avec grand soulagement qu'en fait nous nous étions TOUS faits tirer le portrait par le même radar.

Renseignements pris auprès d'un riche autochtone, nous n'avions pas de soucis à nous faire car nous avons été pris de face, et de face, pour un motard ... vous m'avez compris !
Vous aurez noté que j'ai parlé d'un riche autochtone ...
Il en avait les signes extérieurs en tous cas : sa monture, une BENTLEY CONTINENTAL GTC, pesait au moins deux tonnes et demi et 150.000 £ !! A vos calculettes !! Sachez que ça fait quand même plus de 86 € du kilo ...

Nous avons avalé nos pique-nique, pas chers pour un sou, et après un air de cornemuse et une mise à zéro des compteurs (et des casiers judiciaires), sommes repartis par l'A68, l'A696 et l'A1 jusque NEWCASTLE, TINEMOUTH et le ferry "Princess of Norway" sur les royal quays que nous avons atteints à 15H30 comme le recommandait le planning du jour ...
Après une longue attente sous un ciel clément cette fois, nous avons été autorisés à embarquer. A l'aller, nos motos étaient garées le long des flancs du bateau, à la queue leu leu, mais cette fois, nous étions dans le ventre de la baleine et les motos étaient si proches les unes des autres qu'il fut très pénible de se frayer un chemin, avec armes, casques et bagages, pour gagner nos cabines (la 9013 pour les mêmes 4 qu'à l'aller) : un vrai foutoir !!
Le dîner étant prévu à 18H30' (heure continentale) cela ne nous laissa même pas le temps de nous doucher : un petit coup de pchit par ci et de pchit par là pour ne pas puer le fauve, un jeans et une chemise passables et le tour était joué.
Restait à nous rendre au buffet du Seven Seas (deck 7 cette fois) pour nous goinfrer d'autant de bonnes choses que nos ventres purent se remplir.
Alors que mes amis regagnaient la cabine après un court tour sur le pont, je me suis installé sur un siège à la poupe du navire, à bâbord pour être précis, alors que le soleil s'apprêtait à prendre son bain, et j'ai entrepris de téléphoner longuement à ma Dulcinée.

Il a été très difficile de choper du réseau mais à force d'insistance et de persévérance nous avons réussi à communiquer, (et je rappelle que dans "communiquer" il y a "commu"), trois fois de suite (quel exploit !) du fait de coupures intempestives : un bon moment, plein de sérénité, à mettre au crédit de ce beau voyage ...
Ensuite, cabine et dodo, rrr zzzz rrr zzzz

 

L'album du jour et du jour d'après ICI

 


The last and the least ...


Et oui, tout arrive, même le dernier message concernant le tout aussi dernier jour de notre tout dernier voyage à dos de moto qu'était le "LOCH NESS TOUR" 2007.
Et comme déjà dit, nous n'avons pas été jusqu'au LOCH NESS (d'où le "LESS" dans le titre du c-r de François) et ne l'avons pas vu, pas plus à fortiori que son monstre d'ailleurs : quelque part on devrait demander à MR PAQUIER un dédit pour publicité mensongère ... Connaissant tes qualités de négociateur, on compte sur toi Didier qui est dans les toutes bonnes grâces de LUC ?!?
Oui mais non ... on ne va pas encore se faire remarquer pour quelques centimes d'euro alors que l'organisation a été sans faille à tous les étages et je profite de la parole qui m'est donnée pour d'abord la prendre et ensuite remercier toute l'équipe du Club Moto 80 pour sa disponibilité, sa gentillesse et son professionnalisme en toutes circonstances et par delà !!
Une petite remarque toutefois concernant LE SITE du Club : il n'y a pratiquement pas de "return" concernant les voyages. Les dernières photos qui sont disponibles sur le site remontent à 2005 et concernent un "voyach à Marrakege". En plus de ça, ne cherchez pas après un compte-rendu ou même un petit billet d'humeur ou d'humour, il n'y en a pas !!!
Pourquoi ne pas juste citer des liens vers les albums et les textes qu'auraient pondus les participants, mmmhhh ? Pour respecter la propriété intellectuelle peut-être ?? Dans ce cas je suis prêt à négocier mes tarifs !!
Oui mais non ... on ne va pas remettre le couvert avec des considérations bassement mercantiles !
Sachez, organisateurs et amis du club Moto 80, que ces lignes vous sont ouvertes !!

Cette longue charentaise refermée je vais enfin pouvoir en venir au fait ...
Mais au fait, je constate que je n'ai encore rien écrit sur ce dernier jour, pffffff ...
La nuit dans le bateau a été bien plus agréable qu'à l'aller, grâce sans doute à une bien meilleure aération et nous avons pu ronfler de concert et à qui mieux mieux, ron ron, mieux mieux ...

Après un solide (et liquide aussi d'ailleurs) petit déjeuner, nous avons atteint les rives d'Ijmuiden vers 10 heures, heures hollandaises pour le coup, pour les 10 coups même !
Je croyais être sorti du bateau avant mes amis et les ai dès lors attendus pendant 2 ou 3 minutes mais ils s'étaient bien évidemment avancés quelques dizaines de mètres plus loin que moi ...
Nous avons attendu que Didier termine sa longue conversation téléphonique avec Gabrielle avant de prendre enfin la route et suivre le road-book qui nous rappelait
ATTENTION ! ON ROULE A DROITE !!! et qui nous invitait à suivre les autoroutes A4, A13, A20 et A15 pendant plus de 100 kilomètres jusqu'à la sortie HOLLEVOETSLUIS ET HARINGVLIETSLUIS sur la N57 ...
Entre charentaise, elle sera courte cette fois je vous rassure, certains, voire la plupart des participants ont préféré tailler la route, ou plutôt l'autoroute pour regagner au plus tôt, n'est-ce pas Pluto, leurs pénates.
Je dis cela parce que sur le parking du restaurant on a juste vu arriver LUC PAQUIER et un autre motard et puis c'est tout !
Avant l'entrée du resto, il y avait notamment un moteur d'avion LANCASTER qui s'était écrasé dans les eaux avoisinantes en 1943 ...
L'endroit était charmant, la déco notamment, même si relativement "cucul", apportait son grain de sel à un plat qui en manquait cruellement ;-))).
A noter que les bibelots qui décoraient les lieux étaient ... à vendre : ils ne perdront définitivement jamais le Nord ces bataves et pour cause !
Il restait 108,5 kilomètres à effectuer en passant par GOEDEREEDE, OUDDORP, PORT ZELANDE et sa petite route côtière, puis la N57 à nouveau jusqu'à SEROOSKERKE, puis les N59, 256, 254, 62, 61 et 60 et ZIERIKZEE, GOES et HULST. Cette portion du road-book fut très très très très très très très (attendez je compte les "très", c'est bien ce qu'il me semblait, il en manquait un), très éprouvante ! Des limitations à 50 et 80 dans le meilleur des cas et des doubles lignes continues interdisant tout dépassement. Une petite anecdote à ce sujet : à François qui releva qu'il était tout de même autorisé de dépasser les tracteurs par endroit et par la gauche évidemment, Didier riposta que ... les tracteurs étaient interdits à ces mêmes endroits : édifiant n'est-il pas ? Incroyablement soporifique en tous cas ! De quoi rendre ces routes dangereuses tant elles entament la vigilance !!
On arrive à HULST et là, rien, pas même un troquet pour boire un bon café qui nous aurait tous réveillés ...
On pousse une pointe jusque SAINT-NICOLAS bonhomme, apportez-moi des pommes, des pommes et des raisins ...
Ouais, plutôt un bon cappuccino s'il vous plaît, merci, dank u well !!
Le road-book s'arrêtait là et, comme nous ne voulions pas en faire autant, et que j'avais eu l'intelligence d'emporter avec moi une carte du nord de notre plat pays qui est peut-être aussi le vôtre, à leur demande, j'ai sorti la Michelin en question, l'ai tendue aux collègues (car je ne suis pas un as de la carte comme vous le savez), ce qui a permis de se repérer et de déterminer quelle route nous allions prendre pour rentrer à la maison.
Nous nous sommes salués à ST-NICOLAS, car à un moment donné, nos chemins allaient se séparer, snif ...
Je ne sais plus très bien à quelle heure je suis arrivé à la maison, il devait être 17H30, heure belge.
J'ai tout de suite graissé la chaîne de la DL et j'ai directement vidé les contenus du top-case et du sac de réservoir dans la machine à laver sans faire le tri des couleurs ;-)

 


Epiloch ... Fyne !


Pour ce qui est des détails supplémentaires en voici quelques uns qui me sont revenus, classés dans un joyeux désordre ...

 

Outre les médailles en chocolat qui me reviennent de droit (dois-je vous rappeler les raisons ?) et celle qu'on a passé officiellement au cou du motard "dieseliste" on peut aussi citer :
- le gars qui a paumé tous ses papiers parce qu'il avait oublié de refermer son sac de réservoir;
- le gars qui se croyait en panne (nan, pas en Pan mais en BM !) suite à une présumée fuite d'huile et qui, en fait, en avait glissé un bidon sous la selle dont le contenu a pris un malin plaisir à se répandre sur tout l'arrière de la moto;
- le gars qui boitait un soir et que j'ai entendu dire que sa BMW s'était ... posée sur les valises latérales (c'est plus facile que de dormir sur ses 2 oreilles ?);
- dans une moindre mesure le "petit Louis" copain de chambrée de notre chef qui, dégoûté par la météo du mercredi fit installer sa CBF 600 sur la remorque de l'assistance.

Cela dit, beau joueur, il a prêté sa Honda à un autre BMWiste en panne ... ce qui tend à prouver à vrai dire qu'il n'a pas encore acquis le véritable esprit motard ;-))

 

Après les médailles en chocolat, celles de la courtoisie peut-être ? And the winners are :
- les motards en "camionnettes" qui klaxonnent pour dépasser au lieu d'attendre poliment l'ouverture;
- ceux qui se garent sur les emplacements réservés aux moins valides;
- ceux qui dépassent par la gauche sur les routes écossaises (je vous laisse réfléchir et vous ferai grâce d'un schéma ...);
- ceux qui s'accaparent votre table au resto de l'hôtel prétextant qu'il n'y avait pas de noms dessus et qu'on retrouve par hasard le lendemain à cette même table;
- ceux qui, les mêmes sans doute, réservent leurs tables sur le bateau en y laissant leurs effets ...

 

C'est tout pour les médailles et leurs revers et pour cesser de polémiquer ou de radoter, c'est vous qui voyez n'est-ce pas, je dirai que "nobody's perfect", parfaitement !!

 

Alors l'Ecosse ??
Très beau pays, très vert, plus vert que la plupart des participants à ce trip, hip hip hip hourrah ah ah ah !!!
De très beaux paysages mêlant sans cesse et intimement la terre et l'eau ...
Des routes toujours bucoliques mais souvent un peu trop étroites pour permettre "d'angler" ou plutôt ... "d'écosser" !
Moi qui m'attendais à voir énormément de moutons - j'ai un faible pour ces quadrupèdes, sans doute parce qu'il m'arrive de les compter quand les nuits sont blanches - je dois dire qu'on en a vu plus encore au Pays de Galles où je ne compte plus par contre le nombre de "cattle grids" franchis, les paysages gallois étant finalement plus sauvages. Qu'en pensez-vous les gars ? Je me trompe ??

 

Enfin, pour clôturer l'enclos je dirai que cette deuxième escapade sur les îles britanniques ne m'a pas du tout déçu, si ce n'est qu'elle aurait pu durer 2 ou 3 jours de plus mais il faut savoir ... des choses faire la part d'autant que dans 21 jours (17 maintenant !) on est reparti pour un tour !!!
Aaaaahhh, les Alpes et leurs paysages grandioses dont jamais on ne se lasse !!!

Voilà voilà ...

la DL a parcouru +/- 2100 km lors de ce voyage et le compteur affiche maintenant 40.166 km. Avant le départ pour les Alpes je ferai un crochet du gauche  direction  la  concession  pour  un  check  visuel  et  à  l'oeil ;-)

 


THE END !