Jour 5 - 24/07 : PRAGUE > DRESDE

On nous avait bien briefé la veille sur la bretelle à emprunter pour sortir de l'échangeur autoroutier au pied de l'hôtel : deuxième en partant de la gauche.  J'avais écouté, sans doute avec ma mauvaise oreille, et entendu Gull dire qu'on n'avait pas directement la direction BRNO mais le nom d'une ville qui finissait par "vitchè" ... comme toutes les villes tchèques en définitive, je l'ai appris à mes dépens, pan !!

Je suis passé à la réception pour régler les bouteilles d'eau consommées dans la chambre mais Paul était déjà passé.

En bleu, le road-book et en gris la ... trace que j'ai laissée !!
En bleu, le road-book et en gris la ... trace que j'ai laissée !!

Une fois tous les bagages bien arrimés, je suis encore parti seul, chose que je ne devrais pas faire dans certains cas de figure, sachant ce que je sais. 

 

Il ne devait rester que trois ou quatre motos disséminées sur le parking au moment où je l'ai quitté.

Je suis donc arrivé dans l'échangeur et j'ai bien pris la 2ème en partant de la gauche.  A ce moment, le Tripy m'a indiqué de sortir 11.6 km plus loin, ok.

Je m'engouffre dans le long tunnel.  Le Tripy se fige à 7.4 km restants et affiche alors une trace que je qualifierai de floue ;-).

Je roule un peu et puis je vois une sortie "lalalalaVitchè" que j'emprunte péremptoirement ;-)

Ce fut ma perte !!  Corps et biens !!!  Voyez plutôt les traces ci-dessus.

Attention au décompte final je n'ai fait qu'une quinzaine de kilomètres en plus (363 au lieu de 348, le compte est bon !) mais ... quelle galère une fois sorti de l'autoroute, je ne vous raconte pas.

J'étais dans la périphérie de Prague avec des petits rings, des artères +/- conséquentes, des feux rouges partout, des sens interdits tout aussi partout, la boussole du Tripy qui me fichait la tourniole et ... cette chaleur déjà accablante ... et ce voyant de réserve d'essence allumé depuis pas mal de temps déjà !!!

C'est alors que J'ai vu une station service SHELL où je me suis arrêté pour faire le plein (15,61 L à 34.40 CZK/L).

Il était 9h30, j'étais "completely lost" ce qui ne semblait pas émouvoir le gars derrière le guichet : "Lost ? What ??".

"Nevermind" que je rétorque, "I'll manage !"

J'étais sur le point de sortir le Tom Tom non étanche et de l'installer sur la bulle de la Tracer lorsque je me suis dit que j'y arriverais tout seul, na !

Je suis reparti, le couteau entre les dents, serrées comme jamais, et après quelques ronds-points, sens interdits encore, feux rouges qui s'obstinaient à le rester, j'y suis arrivé enfin, un picto familier (une flèche et "Brno") étant là pour me le confirmer.  Avec toutes ces conneries, j'avais probablement perdu 3/4 d'heure voire d'avantage, sur le timing normal !  Du coup, j'ai mis "volle gas" aussi souvent que j'ai pu !!

Il était plus de 11h30 et depuis l'épisode à la pompe, je ne m'étais plus arrêté.  Je cherchais désespérément un coin à l'ombre pour souffler un peu et m'hydrater.  Je l'ai trouvé entre les WP 36 et 37.  Il y avait là un petit parc et un bâtiment abandonné qui ressemblait un peu à l'abbaye Marianska Tynice parce que peint de rouge et de blanc, flanqué d'un cimetière : plus calme que ça comme endroit, tu meurs !

Je sirotais mon eau parfumée à la pomme.  j'étais calmé parce que j'avais dépassé quelques motards du groupe qui s'étaient arrêtés pour faire le plein à leur tour.  J'étais revenu dans le circuit en quelque sorte.  J'ai appelé Paul pour savoir où il était et convenir d'un endroit où manger ensemble éventuellement.

Il n'était qu'à une quinzaine de kilomètres en arrière, je l'ai donc attendu.

Mlada Boleslav
Mlada Boleslav

On est repartis, chacun à son rythme.  Je n'ai plus trop la chronologie en tête mais, plus loin j'ai rejoint "les 4 fantastiques" et on a fait la route, ensemble ... ou pas,  pour se  retrouver finalement à  Mlada Boleslav, au "Restaurace Graal ve Skalé".

J'ai appelé Paul pour l'avertir que nous nous y étions arrêtés.

De nouveau, il n'était pas bien loin et nous a rejoint dans les minutes qui suivirent. Il décrocha la remorque pour ne pas trop empiéter sur l'espace de parking.

Le restaurant était creusé à même la roche, façon troglodyte donc !, de sorte qu'il y régnait une fraîcheur absolument divine !

A voir la photo, j'ai pris un mixte de viandes piquées dans une brochette et accompagnées de frites, le tout de bon aloyau comme disait Maître Capelovici, hi hi !!  Le service n'était pas rapide, rapide, mais on était tellement bien dans cette caverne, qu'on y aurait passé une ère entière :-)

On a quitté les lieux vers 14h30, la souche TVA que j'ai sous les yeux et dont le montant s'élève à 362 CZK en atteste. 

Un peu plus tard on s'est arrêté pour photographier un château sur son promontoire et, plus tard encore, on est arrivé à Kutna Hora, un site que j'ai complétement zappé !  Explication : j'ai de nouveau un peu loupé les indications du Tripy et, trop concentré pour retrouver mon chemin, j'ai traversé la ville sans véritablement me rendre compte qu'elle valait qu'on s'y arrête, "saisissez ça ?" comme disait Raymond Goethals avec son accent inimitable !!

Pour palier cette lacune, j'ai pensé qu'un lien vers l'album photos réalisé en 2013 par l'équipe de Cap Moto serait le bienvenu !

4 stracciatella et 2 cafés, bitte schön !
4 stracciatella et 2 cafés, bitte schön !

Après ça, on a roulé tous les 5 ensemble.  On est passé au travers d'un village aux maisons de bois typiques.   Il n'était pas évident de s'y arrêter sans troubler la quiétude des gens qui y habitaient.

On a ensuite atteint l'endroit où il était possible d'aller voir la plus grande arche de grès d'Europe. 

Renseignements pris auprès du petit office du tourisme, il fallait compter 5 kilomètres à pied pour y accéder et bien entendu 5 pour revenir, l'idéal étant de continuer la promenade pour encore 6 ou 7 kilomètres et de revenir en bateau au point de départ.

Je ne vous mentirai pas, on n'a choisi aucune des solutions, faute de temps évidemment.  En fait, il faut y aller le matin et y passer la journée pour profiter à 100% de l'endroit et faire tout le circuit.  Voici un lien pour en savoir d'avantage.

Un peu déçus de ne pas pouvoir le faire, on s'est rabattu sur des bonnes "coppa stracciatella" et des cafés à  Altendorf, Landgasthaus Heiterer Blick d'où nous avions un joli panorama sur la plaine avoisinante ... !

Pour la petite histoire, j'avais pareillement satisfait la soif de la Tracer GT en carburant à Holešovice, dernière station-service avant d'entrer en Allemagne.

Dresde
Dresde

Il restait une soixantaine de kilomètres à couvrir pour atteindre Dresde, notre destination du jour.

Sur le parcours, j'ai zappé le château de Hohnstein ainsi que la maison de Wagner à Graupa ... parce que je ne voulais plus m'arrêter, c'est la seule explication que j'ai trouvée.

 

Nous sommes arrivés à l'hôtel Achat Comfort Dresden et, une fois encore, nous avons juste eu le temps de décharger nos affaires et de passer sous la douche, vive la douche fraîche (on s'est pris un 41°C ce jour-là si je ne me trompe pas !), qu'on nous attendait à la Feldschlösschen Stammhaus juste en face !

Certains ont poussé des grands cris quand ils ont constaté :

  1. qu'il n'y avait pas de clim' dans l'établissement
  2. qu'on ne pouvait pas manger en terrasse

au point que j'en ai vu un, et pas des moindres, ôter son polo pour étaler sa viande avant de s'asseoir à table ...

Heureusement, il a entendu la prière du G.O. et s'est rhabillé tout en poussant d'incompréhensibles borborygmes !

On était à mille lieues de l'ambiance de la veille avec des conversations cent fois entendues.  Comment les gens font-ils pour raconter les mêmes anecdotes à longueur d'années sans trop se soucier de l'auditoire.  Franchement, ce soir-là, j'ai failli quitter la table.

Heureusement que les plats proposés et la bière avalée étaient de bonne facture ce qui, en définitive, et dans certains cas, peut suffire à vous convaincre d'y rester ;-)

Heureusement aussi, après ça, Paul a proposé qu'on aille jusqu'au centre ville pour y faire une promenade "by night".

Nous étions une dizaine à répondre à l'appel.

Voilà également une belle destination pour un futur voyage façon "City Trip", comme Vienne l'est ou d'autres villes d'art et de culture européennes ...  A bon entendeur !

Paul semblait bien connaître les lieux et nous a guidés vers les monuments les plus emblématiques de la ville.

Il faut savoir que cette ville historique a été copieusement bombardée en février 1945 mais qu'elle a heureusement été reconstruite à l'identique.  Voilà de quoi faire râler les mêmes qui fustigent la restauration de N-D de Paris.  Mais que serait actuellement Dresde si l'on ne l'avait pas restaurée à l'identique ? Une ville "Where the streets have no name" sans doute ...

Cela s'est terminé à la terrasse d'un café où chacun a payé sa consommation.  On est rentré en mode balade pour profiter de la belle et bonne fraîcheur du soir.

Ne restait plus qu'à rentrer, choisir le slip (merde, j'ai vu un peu court), les chaussettes et le tee-shirt pour le lendemain et l'affaire était dans le sac.

R.A.S. d'autre pour cette journée à marquer pareillement d'une (vieille) pierre blanche !

Bonne nuitée les amis !!

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