Jour 6 - 05/09 : Boucle Banyuls

ou "Autant en emporte le vent" !!!

Collioure
Collioure

264 kilomètres au programme du jour qui nous voyait d'abord longer la côte occitane avant de "grimper" vers les vignobles de l'arrière pays et des panoramas exceptionnels non loin de la frontière espagnole, etc.

 

Avant d'aller plus loin, il faut savoir que le vent qui soufflait déjà depuis quelques jours s'est méchamment renforcé à partir de cette nuit-là.

Il venait frapper au volet électrique de la chambre en faisant pas mal de bruit.

J'ai commencé par souhaiter un Joyeux Anniversaire à Daniel qui m'a parlé des problèmes de santé de son épouse.  J'espère pour tous les deux qu'elle s'en remettra au plus vite et qu'ils pourront ranger ce pénible épisode aux oubliettes : finalement, à nos âges avancés, la santé est le bien le plus précieux.

 

Cette journée a commencé par des routes soporifiques avec des grands axes chargés en circulation et truffés de ronds-points.

Le premier arrêt a été effectué à Collioure.

Plutôt que de le visiter, on s'est contentés avec Xavier, Muriel et Sacha de se jeter un petit café sur le bord de mer. 

On a remarqué un ballet de Canadair au dessus de la baie, au moins 4 si je ne m'abuse et on a assisté également à quelques manœuvres de militaires à bord de canots pneumatiques.

On a été rejoints alors par Paul, Olivier, Mathieu et d'autres encore pendant que Muriel et Sacha reprenaient la route ensemble.

Un peu plus tard, ce fut à notre tour de la reprendre mais arrivés juste avant Banyuls ou juste après, je ne me souviens pas exactement, nous avons croisé Muriel et Sacha qui nous ont dit qu'il fallait faire demi-tour.

Un feu de forêt s'était déclaré plus haut sur le trajet et il était interdit de passer.  On a d'ailleurs vu défiler un long convoi de pompiers à ce moment-là. 

Col du Mollo ... sur les gazzzzzz !
Col du Mollo ... sur les gazzzzzz !

Et donc, on a tous fait demi-tour, non sans mal tant il y avait du trafic le long de la côte.  Que font tous ces automobilistes TOUS SEULS dans leurs caisses encombrantes, hein ??

J'étais le dernier de cordée et, justement à cause de ce trafic démentiel, j'ai perdu mes acolytes de vue, au point qu'à un moment donné, après l'une ou l'autre bifurcation, un doute m'a envahi. 

Où sont-ils ?

Partis à droite ??

A gauche ???

Tout droit ????

 

J'ai donc continué jusqu'à croiser Paul qui avait aussi perdu la trace des autres et qui roulait seul.

On s'est arrêtés au bord de la route, à un endroit plus ou moins sécurisé et il a ausculté son Tom Tom à la recherche d'une échappatoire !!

Zoom sur trajet J6 Banyuls
Zoom sur trajet J6 Banyuls

Il n'y avait pas beaucoup de possibilités pour rejoindre le tracé prévu initialement.

 

Il n'y avait que la D86a, entre Paulille et Port-Vendres qui permettait de recoller au road-book au WP 50 ...

 

C'était LA BONNE IDÉE car, d'après Paul, la route du Col de Mollo (231m tout de même !!) était le plus beau tronçon du jour et en prenant la D86 on n'en perdait qu'une partie ...

Nous voilà donc partis à la recherche de l'embranchement vers cette providentielle D86.  Il était très compliqué, l'embranchement je veux dire, car il imposait de prendre un virage en devers à plus de 120° (c'est dire si c'était chaud) et cela sans compter avec un vent qui soufflait à +/- 90 km/heure.

On arrive là.

On est rejoints par Olivier et Michel.

J'étais le dernier et me suis posté juste après le virage pour monter la voie à d'autres motards qui suivaient.

Le vent soufflait très fort et il nous déstabilisait sur nos motos à l'arrêt !

Zoom sur la carte Michelin ...
Zoom sur la carte Michelin ...

On continue et je me retrouve derrière Paul qui menait le convoi tout en n'en menant pas large du tout.

C'est qu'à cet endroit on se prenait des rafales de 120 km/h qui nous poussaient inexorablement vers la gauche, au bord de la route.

 

Sa Pan, plus lourde mais qui prend plus le vent que la Tracer, louvoyait dangereusement.  Paul a sorti le train d'atterrissage en prévision d'une chute ...

 

Il galère de chez Galler et ralentit de plus en plus.  On est presqu'à l'arrêt.

On va finir par se ramasser à ce rythme là, ce n'est pas possiiiiiible !!!

Arrivé à un tout petit élargissement de cette D86a (annoncée comme "parcours difficile et dangereux" sur la carte Michelin ci-dessus), il s'arrête sur la gauche.

Moi, je passe et continue en accélérant le rythme.  Ouais, de 5 km/h je monte à 20 km/h tout au plus car les rafales continuent de frapper et plus d'une fois je dois m'accrocher au guidon comme à une bouée de sauvetage pour garder la moto sur l'étroite départementale (2m de large tout au plus !)

Je tiens bon et après 300 ou 400 interminables mètres je sors de cette zone de turbulences épouvantables !!!

Ouf !

J'arrive au WP50 et je m'arrête, en me disant que je vais les attendre.

J'attends donc, quelques minutes mais ne voit rien venir à l'horizon.

Le vent souffle toujours et me déstabilise : je dois sans cesse être attentif à corriger la ... verticalité de la Tracer.

Je n'attends plus, je reprends la route.

Sommet du Col de Mollo
Sommet du Col de Mollo

J'ai donc continué sur le Col de Mollo jusqu'à arriver à son sommet.

De là, on avait une vue splendide sur la côte.

J'en ai profité pour prendre quelques photos et puis ... comme le vent, j'ai sifflé tant que j'ai pu, j'ai attendu, attendu, ils ne sont jamais venus, zaï zaï zaï zaï !!!!

J'ai donc entamé la descente et j'ai poursuivi sur le road-book.

À un moment je suis tombé, sans me faire mal et sans dégâts quels qu'ils soient !) sur Muriel et Sacha qui pique-niquaient à l'entrée d'un village, Fourques je crois ...

Ils m'ont dit qu'ils venaient de voir passer Xavier.

Je suis donc reparti en me disant que je le retrouverais bien au premier resto venu.

Et de fait, sur la route, plusieurs panneaux indiquaient que "Le Costelle" n'était plus qu'à une portée de "22 long".

J'ai quitté le road-book pour me diriger vers Tordères.

J'y suis arrivé mais le resto avait l'air fermé.  Seules deux voitures stationnées dans un parking au revêtement herbeux m'ont fait douter.

Je range la Tracer dans l'herbe et entreprend de faire le tour du propriétaire et là, au bout d'un escalier presque caché, je vois une salle de restaurant où quelques personnes étaient attablées.

Je grimpe l'escalier et demande s'il est possible de manger.

Je retourne à la moto pour retirer la clé de contact et ranger le Tripy quand me prend l'idée de vérifier si j'avais des messages sur mon smartphone.

Figues au Byrrh à "La table de Lauro"
Figues au Byrrh à "La table de Lauro"

Et là je vois : "Je suis au wp68 à Lauro.  Arrêt miam miam".  Il a été envoyé par Xavier à 12:57.

C'est tout lui ça : un gars austère et sauvage au langage primitif, ah ah ah !!!

Je lui réponds à 13:17 : "J'arrive"

 

Hum, je remonte dans la salle du "Costelle" et m'excuse auprès de la tenancière en lui expliquant qu'un "collègue" m'attend plus loin sur la route.  Elle semble marrie, comme le bain voyez avec un "r" en moins, mais je ne me laisse pas attendrir, comme le steak, revoyez ?

 

3 kilomètres plus tard, je rejoignais l'ami Xavier qui était attablé seul, sous le parasol de la terrasse de "La table de Lauro" à ... Lauro !!

J'ai pris la même chose que lui, le menu du jour je crois : de l'araignée de porc accompagné d'une purée de patates douces et de quelques rondelles de courgettes avec, en dessert, des figues fraîches baignant dans le Byrrh à vous damner un saint !!

Muriel et Sacha sont également arrivés mais n'ont consommé qu'un café ou une autre boisson, vu qu'ils avaient déjà mangé sur la route.

 

Prieuré de Serrabonne
Prieuré de Serrabonne

Plus tard, on est monté au Prieuré de Serrabonne pour mettre une bougie à "Saint-Frusquin-et-tout-le-Toutim".

Certains étant restés en bas, on n'a pas traîné là et avons renoncé à le visiter.

Pour pallier cette carence, j'ai cherché une vidéo concernant le site et voici ce que j'ai trouvé.

On n'en avait pas fini avec les sites à voir A-B-S-O-L-U-M-E-N-T !!

Au programme il y avait encore celui des Orgues d'Ille-sur-Têt annoncé comme une curiosité géologique exceptionnelle, ainsi que la Forteresse de Salses, témoin de la présence espagnole dans la région.

 

Et donc, 20 bornes après le Prieuré de Serrabonne et après avoir traversé Bouleternère, nous étions à quelques uns à arriver à Ille-sur-Têt.

 

Je ne m'appesantirai pas sur le phénomène géologique mais sachez que "d'apparence figé, le décor est en réalité sans cesse remanié.  De grandes quantités de sable sont emportées à chaque pluie.  Les formes anciennes s'effacent, de nouvelles sont esquissées.  Bref, l'érosion est maîtresse du lieu".

Et donc, si vous y retournez ... euh ... demain ou disons après-demain, et que vous reprenez la photo au même endroit, elle risque d'être différente, voyez ?

Pour le côté pratique, sachez qu'il vous en coûtera 5 € pour la visite (tarif adulte) et que la petite bouteille d'eau pétillante est à 2 €, la préposée proposant systématiquement de prendre une boisson, comme si on allait traverser le désert. 

En repartant, on s'est arrêtés 1.2 km plus "haut" au belvédère des Orgues.

Forteresse de Salses
Forteresse de Salses

Nous avons ensuite formé un trio avec Xavier, Muriel et moi.

 

 

Après un petit 50 bornes, nous sommes arrivés sur le parking de la forteresse de Salses.  Muriel n'étant pas particulièrement attirée par ce genre de bâtisse, elle a proposé de rester près des motos pendant que nous envisagions de faire la visite.  Il faut dire qu'il y avait un panneau "Attention aux vols !" sur le parking, panneau qui n'inspirait guère confiance ...

Le vent soufflait toujours ... dans les branches de Sassafras !
Le vent soufflait toujours ... dans les branches de Sassafras !

Ainsi donc, nous sommes partis, Xavier et moi  pour la visite de la forteresse.

Hélas, arrivés à la réception, nous avons appris, de la bouche du préposé, motard de surcroît, qu'il était trop tard pour entamer la visite.  Nous avions juste le droit de prendre une photo de l'entrée sans dépasser la ligne jaune sous peine de voir la grille-guillotine s'abattre sur nous, ce à quoi j'ai répondu : "Qu'à cela ne tienne !   Allons quérir nos casques !!"

Vous l'aurez compris, nous avons rebroussé chemin.

Par dépit, nous avons visité la guérite plantée à l'entrée, de fond en comble, na !

On a fini la route tous les trois pour arriver vers 19h00 à l'hôtel.

Étant donné qu'on entamait la route du retour le lendemain matin, j'ai préféré laisser la Tracer en front de mer, je crois du moins car, à la réflexion, peut-être l'ai-je emmenée au garage.  Finalement, quelle importance ?

 

Ce soir-là, j'étais au comptoir pour commander ma désormais habituelle sangria blanche lorsque Mathieu est arrivé et me l'a offerte en même temps qu'il offrait l'apéro à une tablée installée en terrasse.  Merci encore Mathieu.

Pour ce qui est du repas du soir, je me demande s'il n'y avait pas du poisson au menu, vous savez de ces poissons qu'on pose tout entier, tête et pattes, dans l'assiette ...

J'avoue que je n'aime pas trop ça.  Pas que le poisson me répugne, non, mais de devoir passer du temps à le dépiauter et malgré cela devoir, après, trifouiller avec la langue dans la bouche à la recherche de cette put... de bor... de mer.. d'arête qui s'est insinuée au milieu de ce maigre filet de "viande", ça me coupe un peu ET les effets ET l'appétit. 

J'ai de nouveau pris un café et puis dodo !