07/05 - 200 km
Le pitch : "région très boisée et montagneuse, des villages typiques avec les maisons construites en schiste" .
Chose promise, chose due, Je reviens sur la question du "rythme" en moto ...
Pour faire simple, lors de chaque sortie, d'un jour ou en voyage, un rythme est prédéfini : il va de "cool" à "dynamique" en passant par "moyen" et, sauf erreur, il est déterminé par le(s) organisateur(s). Cela ne va pas sans "problèmes" dans la mesure ou, ben, tout simplement, on a chacun son rythme qu'on estime soi-même cool, moyen ou dynamique, voyez ?
Tout cela est terriblement relatif, saisissez-ça ? comme disait Raymond GOETHALS ...
Il y a le cool qui se traîne, le moyen qui fait pour un mieux et le dynamique qui dynamite, c'est ça peut-être ?
Et bien non.
Et puis, suivant qu'on roule seul ou en couple, qu'on a 40 ou 70 ans, qu'on veuille profiter du paysage à couper le souffle ou juste du feu arrière de celui qui vous précède, on n'a pas le même rythme et puis, pas tout le temps non plus : on peut avoir envie de "jouer" de temps en temps et puis de ralentir. En fait, il n'y a pas plus "géométrie variable" que ces notions, non ?
Alors, soit on affine, en ajoutant des +/- cools, des +/- moyens ou des dynamiques +++ par exemple, soit on arrête de déterminer le rythme au départ, en tout cas pour ce qui concerne un trip, qui par essence, implique une notion de "tourisme". À la rigueur on garde le système lors de balades et encore, il y a tout de même un Code de la Route, en Belgique on l'appelle maintenant "Code de la Voie Publique", ce qui est symptomatique du nouvel état d'esprit qu'il sous-entend en terme de partage !!
Bon, voilà pour le paragraphe qui peut en fâcher certains ...
Après, j'ai mon opinion et je la partage mais il est clair que je respecterai Sa Majesté le R.O.I. du Club quelle que soit son évolution, du moins j'essayerai du mieux que je pourrai ...
Ce serait pas mal qu'on puisse de temps en temps se dépasser uniquement toutefois si celui qui vous précède manifeste son accord d'une manière ou d'une autre ... Que soit ! J'arrête là !!
On est partis à 9h08 ou 9h09, et on n'a pas fait 10 bornes avant de ranger les motos sur le bas côté pour déjà un premier panorama à "C.L.S." au Miradouro do Sobral !
Un peu plus loin, on est arrivés sur le lieu de ... l'accident : une moto dans le fossé, côté gauche de la route et 2 autres rangées sur la droite. Celle dans le fossé était celle d'Axelle, les 2 autres appartenant aux 2 frères, Didier et Olivier. On ne connait pas trop les circonstances et Axelle ne se souvenait plus de rien alors qu'elle était couchée sur le dos et semblait souffrir de son flanc droit, sans doute les côtes ...
À partir de là tous les contacts ont été pris par Didier via le S.O.S. de la machine, puis les appels à la compagnie d'assurance, puis aux instances sur place via Feliciano qui a servi d'interprète à tout moment, puis ce fut la longue attente ...
D'abord la police, puis le service d'entretien des routes car de l'huile s'était déversée sur la chaussée, puis enfin l'ambulance avec 2 gars qui ont pris toutes les précautions possibles pour mettre Axelle sur la civière, aidés par quelques gars de chez nous, puis le départ de l'ambulance escortée par Didier sur sa moto, puis l'attente à nouveau, car la moto gisait là, sur le bord de la route ... Cela faisait plus de 2 heures que nous étions tous là ...
On s'est concertés pour savoir ce qu'on allait faire ...
En rester là et retourner à l'hôtel ?
Olivier nous a exhortés à poursuivre la boucle prévue : il allait attendre qu'on vienne chercher l'épave, car oui, la moto était salement arrangée, plus de cockpit, la fourche pliée, un bien triste état, irrécupérable certainement.
Finalement, Feliciano a téléphoné à la Pizzeria Cosmos à Lousã pour savoir si on pouvait encore nous servir à manger et, comme la gérante a accepté, on a pris la route, au plus court, avec toutefois près de 3/4 d'heure à rouler, car nous étions presque juste au milieu de nulle part ...
Nous sommes arrivés Rua Humberto Delgado, au n° 18b à la Pizzeria Cosmos vers 14h15 !
Comme nous étions nombreux et que la patronne était seule, avec son pizzaiolo bien sûr, Feliciano a pris les choses en main : il a commencé par passer de table en table pour prendre nos commandes, plus tard il a même fait le service et en fin de repas il était derrière la caisse à questionner sur ce que nous avions pris afin que chacun paie son dû. Il faut dire qu'il a travaillé dans l'Horeca pendant une vingtaine d'années.
On a pris le petit café revigorant en terrasse avant de reprendre la route.
Je ne sais pas si on a respecté le tracé qui était initialement prévu mais malgré le retard accumulé, Feliciano a tenu a nous montrer un de ces villages totalement isolés, aux maisons de schistes, typiques de la région.
Il a choisi Aldeia da Pena dans la Sierra de São Macário, perché à 700 mètres d'altitude, avec ses rues (?) très étroites, pavées de mauvaises intentions et pentues que je vous dis pas comme elles étaient pentues !!
On a été 3 ou 4 a atteindre le sommet mais j'ai galéré, croyez moi : comme on avait coincé dans "l'escalade", je mettais tellement de gaz pour ne pas caler que la roue avant s'est levée à 3 ou 4 reprises avant que la GS ne daigne faire les derniers mètres !!! Noël a dit que ça lui avait fait penser à la séquence dans "Le petit baigneur" où De Funès tente de maîtriser un tracteur récalcitrant ... Revoyez la scène ici !!
On a déambulé dans les ruelles jusqu'à rencontrer 2 dames qui devisaient sur un banc.
On a un peu discuté avec l'une d'elle qui parlait parfaitement le français et j'ai appris que le village ne comptait plus que 18 âmes alors qu'elles étaient plus de 90 à une époque pas si lointaine.
J'ai appris que beaucoup de gens venaient dans la région pour profiter des beautés qu'offre Dame Nature tout autour. J'ai aussi appris que des hollandais avaient acheté les deux maisons blanches en bas de la route qui menait au village. C'est fou, non ??
Feliciano a de nouveau offert ses services pour monter et ou descendre l'une ou l'autre moto tant les manœuvres étaient délicates.
Ne restait plus alors qu'à rentrer !
On a de nouveau emprunté des routes jouissives pour le motard, avec des successions infinies de virages ... mais j'avoue que les images du matin me sont revenues à l'esprit et que ... comment dire ... j'ai levé le pied même si c'est une expression automobile, n'est-il pas ?
On a fait les pleins à Oleiros à la station-service toute proche de l'hôtel.
On a eu les premières nouvelles concernant Axelle, des nouvelles relativement rassurantes mais des examens complémentaires devaient suivre pour préciser le diagnostic. Il était toutefois d'ores et déjà clair que le voyage s'arrêtait là pour elle, hélas.
